Et pourtant, au départ, j'y ai cru, à un beau roman de voisinage... Mais en fait, non. On en est même bien loin.

Bon, ok, vous insistez, je vous raconte.

Je suis donc arrivée dans mon 16ème populaire il y a 14 mois. Il y a des choses que j'aime bien, dans ce quartier et d'autres qui me révulsent (les bars qui ferment tôt, le manque cruel de places de stationnement et la détermination des flics à vouloir déplacer ma bagnole jusqu'à la fourrière dès que je tourne le dos) (ils sont un peu relous niveau blague)

Et globalement, on peut dire que le quartier est assez vieux en terme de population (même si je dois avouer avoir croisé du beau gosse pas loin) (j'me comprends)

Bref. Autant te dire que quand je suis arrivée dans ce quartier, à un moment de ma vie particulièrement joyeux et top délire (en plus), je me disais que quand même, cela allait un peu être la mort du petit cheval dans ma tête.

Quelle ne fut pas ma joie alors, de découvrir que ma voisine de palier était une jeune femme d'environ mon âge, toute mimi, pas très souriante donc forcément timide. Bref, là comme ça, j'ai pensé que l'avoir sur mon palier était plutôt cool.

Erreur fatale.

Rapidement, j'ai su que j'avais à faire avec une pimbêche.

Voisinage.jpg

Cela a commencé dès mon déménagement. Pour la faire simple, outre les meubles qui allaient m'être livrés suite à achat dans l'urgence, je me suis tapé toute seule mon déménagement. Pourquoi ? Parce que je suis suffisamment con pour ne pas vouloir déranger les gens, donc je n'en ai parlé presque à personne. Ce qui est débile: ça m'a ruiné les mains pour plusieurs mois, je te raconte pas la gueule de mes manucures à l'époque.

Bref, donc j'ai promené du carton lourd pendant quelques jours. C'est à cette occasion que la petite voisine m'a montré le meilleur d'elle même en ne me tenant pas une porte, que je m'étais donc prise dans la gueule (avec le carton dans les bras, c'est plus drôle).

Là, j'ai compris que cela allait être compliqué entre nous.

Puis vint la fois où elle reçu son amoureux. Un anglais. Qui parle fort. Et qui fait beaucoup de bruit quand il a un orgasme.... Comment vous dire.... Imaginez, il est 3h du matin, ton sommeil est aléatoire (c'est encore la grande époque de la grosse fiesta dans ta tête), et là tu entends la petite voisine miauler au clair de lune. Mais genre enragé, le miaulement. Et quelques minutes plus tard (tu notes au passage que l'anglais ne semble pas super endurant), voilà Monsieur qui se met à grogner. Un espèce de truc gutural bizarre et limite flippant.

Du coup, pour pas être en reste et leur faire comprendre que d'une certaine manière, tu étais là aussi, tu les applaudis bien fort et tu chantes God save the Queen à tue-tête.

Bon j'avoue, c'est pas le meilleur moyen de détendre le string de la voisine, cette histoire de Dieu qui a sauvé la Reine.

Mais bon, c'est pas ma faute si elle n'a aucun humour.

Et puis il y a l'autre fois où Aglaé (ma coloc à quatre pattes qui mange de la croquette frelatée) a décidé de m'échapper au moment où je rentrais le soir. Elle s'est pointée devant la voisine qui a été méchante avec elle (genre elle a voulu la pousser du pied).

Là, on peut dire que la guerre était ouverte (d'où elle bouscule ma coloc, cette conne ?!)

Depuis, tout entre nous passe par le regard. Et dans la petite phrase qui pique (enfin moi, surtout).

Cela a commencé avec cette fois où je la croise, un soir dans le hall. Même pas elle dit "bonsoir" (même pas elle a un minimum de politesse, donc). Je lui ai donc dit un grand "Bonsoir !", suivi de "Ce sont des choses qui se disent, entre voisins".

(1 pour moi, 0 pour la belette)

Et ce matin, cela a été le pompom. Je sors de chez moi. En même temps que la fouine. Elle a deux serrures, j'en ai trois. Et bien au lieu d'attendre quelques secondes pour que je puisse prendre l'ascenseur avec elle (6 étages), elle s'est barrée.

Grande classe.

Là où j'ai rigolé, c'est que 10 minutes plus tard, je la croise à la Poste. J'avais un colis à retirer, elle un recommandé à envoyer.

Visiblement, la princesse n'a pas trop l'habitude du snail mail et galérait pour savoir comment acheter la vignette qui va bien à la machine automatique. L'air penaud, elle vient vers moi l'oeil suppliant. Je lui ai donc montré sur quel bouton appuyer. En lui précisant, dans un grand sourire, que "C'est a peu près comme patienter deux secondes dans un ascenseur: ce n'est pas à la portée de tout le monde".

Tu peux ramasser tes dents, maintenant, connasse.