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Tout avait commencé simplement: je sortais de mon 1-6 pour un drink de la déprime du dimanche soir. Un truc entre filles, basé sur un principe simple: on boit nos 46 cl de Chardonnay, on dit du mal des gens et on rigole.

Hé bien les gens, croyez moi, sortir du 1-6 pour aller voir ce qu'il se passe à Abbesses, c'est un truc de dingue. Parce qu'une fois sortie du métral, je crois que je suis passée quelque part dans la 4ième dimension (ou pas loin).

Cela a commencé par un petit camion qui diffusait très très fort de la musique et nous souhaitant un joyeux Hanoukka. Jusque là, rien de fou, hein, juste que le camion a stationné à 10m de nous et que du coup, cela devenait bien compliqué de discuter mascara et top-coat.

Une fois le petit camion parti, un couple est venu s'installer à côté de nous (en terrasse, donc) (oui, même avec moins 15 degrés, on reste en terrasse). Le Monsieur, je dois t'avouer que je n'ai pas fait bien attention mais la Dame était plutôt élégante avec ses cheveux tout blancs nickel et bien brushés (pas comme ma tignasse du dimanche, mais ceci est un autre sujet)

Bon ben la Dame, quand elle s'est levée, elle était tellement murgée qu'elle est tombée le nez le premier sur le passage clouté. La grande classe internationale.
Visiblement, elle comptait dormir chez le Monsieur, mais on n'est même pas sûr qu'elle connaissait son nom. Mais c'était pas bien grave parce qu'à quelques mètres de là, il y avait un autre Monsieur qui n'arrêtait pas de dire que la Dame elle était "bonne" et qu'elle pouvait dormir chez lui. Autant te dire que la Micheline, elle avait grave du succès.

Bref, nous étions bien rassurées de savoir que même vieilles et murgées, il serait possible qu'on ait encore une vie sexuelle.

Puis on a eu gros connard qui est venu s'installer à côté de nous. Alors lui... un poème. Il a pris une soupe de poireaux qui pue, un plat qui sent pas bon et qu'il a mangé en nous faisant bien profiter des bruits de mastication. Et c'est au moment où il allait commander son dessert que les choses sont parties en cacahuète.

Je t'explique.

On a eu une sorte de Marianne James black qui est venue fumer sa clope sur un tabouret dehors, installé juste à côté de Violette (ah oui, je ne t'ai pas dit: je prenais donc un drink avec Violette). Du coup, Marianne était un peu sur les genoux de Violette mais ça allait encore car elle était plutôt sympathique.

Bon ok, elle nous parlait de trucs dont on se foutait et nous a coupé en pleine discussion sur les billets sponsorisés mais bon, nous étions open pour parler au peuple.

C'est pas Hanoukka tous les jours.

Là est arrivé Aldo-le-sous-marin. Pote de Marianne. Le type qui t'explique qu'il est nettoyeur (du coup, j'ai failli l'appeler Léon mais je n'ai pas osé), qu'il était dans la brigade chais pas quoi, qu'il savait régler ses problèmes tout seul. Et pendant ce temps là, la cendre tombait sur sa veste. Le genre un peu clodo mais qui veut rester élégant.

Le Aldo, il était un peu lourd, mais attachant: pas méchant pour un sou, émouvant, avec une vraie gueule, et puis il a un Facebook et un site internet, il nous a dit. Du coup, il est un peu de la famille des influenceurs, comme nous. D'autant qu'il avait l'air super connu dans le quartier, même que Violette se demandait pourquoi nous ne l'avions pas encore croisé dans une soirée blogueurs.

Bref, on tapait la discute (enfin, Aldo monologuait pendant que le mal de crâne menaçait Violette et que je me rappelais que je n'avais pas fait de machine de culottes du week end).

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Jusqu'à ce que gros connard (tu sais, celui qui a bouffé comme un chancre avec des bruits de sucion) (fais un effort, suis un peu) pète sa durite et se mette à parler méchamment à Aldo.

Et nous, cela ne nous a pas trop plu qu'il s'en prenne à Aldo, qui était tout gentil (saoûlant, mais gentil et sûrement plus respectable que gros connard). Du coup, on s'est un peu énervé et il nous a traité de "parisienne de mes couilles".

Tu y crois, toi ?

Là, Marianne version black nous a dit qu'elle allait rentrer chez elle car elle avait un peu bu et que le poulet dans son sac à main commençait à peser lourd (je n'ai pas d'explication à tout, désolée)

Au bord du nervous breakdown, nous avons décidé de boire notre café à l'intérieur, où nous avons retrouvé Aldo (que Violette a aussi retrouvé dans son Flick'r, mais je te met pas la photo, qu'elle se démerde si il lui colle un procès)

Epuisées, nous avons fini par partir, Violette se moquant du fait que c'est une vraie histoire quand je sors de mon 1-6.

Elle ne croyait pas si bien dire, parce qu'aventurière dans l'âme, je me déplacais hier soir en métro.

C'est quand un type, entre Kléber et Boissière, a sorti son attirail sous mes yeux éberlués que je me suis dit que, quand même, nous vivions dans un monde merveilleux.

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