L'autre point de vue de cette histoire est par là...


Voilà un moment que je regarde le ciel du salon, allongé, immobile. Je l’ai d’abord observé dans l’obscurité, puis la nuit noire, et enfin j’y ai aperçu le soleil se lever, derrière l’ombre des rideaux, sur ce plafond légèrement effrité. Je ne sais pas qu’elle heure il est, je ne suis même pas sûr de vouloir le savoir. A quoi bon ?

Tu finis par sortir de la chambre. Dans le coin de mon regard, je vois ta silhouette d’emmerdeuse filer vers la cuisine. Je ne te regarde pas, tu ne m’intéresse pas.

Je pense qu’en fait, j’ai fini par te mépriser. Totalement. Je méprise ton gros cul et ton pseudo acharnement à vouloir le raffermir. Je méprise ton manque de volonté qui te fait craquer pour le moindre morceau de chocolat. Je méprise ta folie des sacs et des chaussures. Je méprise tes soirées avec tes copines à hululer pour tout et n’importe quoi. Je te hais. Comment ai-je pu à un moment vouloir te mettre dans mon lit ?

Pour tes seins, sans doute.

Et là je reste immobile, les yeux fixés sur le plafond. Je te sens t’agiter autour de moi, un peu comme si je n’étais pas là. Hier soir, je t’ai annoncé que je te quittais. Que j’en ai rencontré une moins con. Plus supportable. Qui me foutra probablement plus la paix que toi.
Enfin, je l’espère.

Mais surtout, elle a un petit cul. Ca va me changer.

C’est incroyable comme tu as pu rentrer dans une colère monstre, alors que c’était, il faut bien l’avouer, joué d’avance que cela ne collerait pas entre nous.
On a mis un peu de temps, c’est tout. Je ne comprends même pas que cela ait pu te mettre dans un tel état. T’es chiante, quand même.

Ca y est, tu t’es enfin décidée à ouvrir ces satanés rideaux du salon. Tu es lente, tout de même.
En fait, tu m’exaspères. Combien de fois j’ai eu envie de t’étrangler…
Mais maintenant, nous y voilà, c’est enfin terminé.

C’est con, t’as été plus rapide.

Et surtout mieux armée.

Je n’ai même pas senti quand tu as enlevé le grand couteau de mon ventre pour aller le nettoyer.

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