La réponse du berger à la bergère...
Par Miss Blablabla le lundi 3 août 2009, - Tout et n'importe quoi - Lien permanent
L'autre point de vue de cette histoire est par là...
Voilà un moment que je regarde le ciel du salon, allongé, immobile. Je l’ai
d’abord observé dans l’obscurité, puis la nuit noire, et enfin j’y ai aperçu le
soleil se lever, derrière l’ombre des rideaux, sur ce plafond légèrement
effrité. Je ne sais pas qu’elle heure il est, je ne suis même pas sûr de
vouloir le savoir. A quoi bon ?
Tu finis par sortir de la chambre. Dans le coin de mon regard, je vois ta
silhouette d’emmerdeuse filer vers la cuisine. Je ne te regarde pas, tu ne
m’intéresse pas.
Je pense qu’en fait, j’ai fini par te mépriser. Totalement. Je méprise ton
gros cul et ton pseudo acharnement à vouloir le raffermir. Je méprise ton
manque de volonté qui te fait craquer pour le moindre morceau de chocolat. Je
méprise ta folie des sacs et des chaussures. Je méprise tes soirées avec tes
copines à hululer pour tout et n’importe quoi. Je te hais. Comment ai-je pu à
un moment vouloir te mettre dans mon lit ?
Pour tes seins, sans doute.
Et là je reste immobile, les yeux fixés sur le plafond. Je te sens t’agiter
autour de moi, un peu comme si je n’étais pas là. Hier soir, je t’ai annoncé
que je te quittais. Que j’en ai rencontré une moins con. Plus supportable. Qui
me foutra probablement plus la paix que toi.
Enfin, je l’espère.
Mais surtout, elle a un petit cul. Ca va me changer.
C’est incroyable comme tu as pu rentrer dans une colère monstre, alors que
c’était, il faut bien l’avouer, joué d’avance que cela ne collerait pas entre
nous.
On a mis un peu de temps, c’est tout. Je ne comprends même pas que cela ait pu
te mettre dans un tel état. T’es chiante, quand même.
Ca y est, tu t’es enfin décidée à ouvrir ces satanés rideaux du salon. Tu es
lente, tout de même.
En fait, tu m’exaspères. Combien de fois j’ai eu envie de t’étrangler…
Mais maintenant, nous y voilà, c’est enfin terminé.
C’est con, t’as été plus rapide.
Et surtout mieux armée.
Je n’ai même pas senti quand tu as enlevé le grand couteau de mon ventre
pour aller le nettoyer.

Commentaires
J'avais manqué la première partie, voilà c'est réparé ! J'adore ce genre d'écriture, et je ne sais pas pourquoi, mais bizarrement j'ai beaucoup plus de sympathie pour la tueuse que pour le tué... :$
Noémie > Faut reconnaître que je ne l'ai pas rendu très attachant, le Monsieur...
(et merci :-] )
Note aussi convaincante que la première (corrosive) :)
Pas mal du tout... Je préfère la version du berger (mais le geste et l'attitude de la bergère ;-)
j'aime beaucoup!
Mathilde > :-]
ViVi LaChipie > Merci :-]
Perséphone > Ah ben oui, ça... dès qu'il y a du sang... (honorée de ta présence ici !)
Waoouh, j'adore et j'étais à fond dedans !! C'est quand la suite ?
En tout cas si y'a un type qui se fait buter dans ton immeuble, je dirai que j'ai rien lu.
Eulalie > Une suite... voilà une bonne idée...
Fanny > Et tu m'aideras à cacher le corps ? (Bravo pour le tournoi de poker ;-] )
Bien sûr que je t'aiderai, j'ai des réserves d'acide sulfurique dans mon Gérard Darel