Crash
Par Miss Blablabla le jeudi 23 juillet 2009, - Tout et n'importe quoi - Lien permanent
Hier soir, j'ai dîné avec une bonne amie que je n'avais pas vue depuis une
éternité. Le repas a un peu duré... puisque c'est à la fermeture du restaurant
que nous nous sommes séparées. Direction chez moi, en sachant qu'à cette heure
là (2h du matin), cela allait être galère pour trouver une place.
Arrivée dans mon quartier, je commence ma ronde pour trouver mon Saint Graal
quotidien (une vraie place de stationnement). Je croise les dépanneuses qui
font de la place sur les espaces "Livraison" en embarquant quelques victimes
vers la fourrière...
Premier tour du quartier: bredouille. C'est pas grave. Malgré l'heure, je
n'ai pas trop sommeil, il a cessé de pleuvoir, ma vitre est grande ouverte, je
profite de l'air estival et des bruits de la nuit.
A un feu rouge, attendant tranquillement que le feu vert se décide à
s'allumer, j'entends au loin un bruit effroyable. Je ne sais pas où cela se
passe, ce n'est assurément pas très loin, mais a priori ce n'est pas à portée
de vue. Je fais une autre ronde, de l'autre côté du boulevard. Toujours pas de
place dispo, je reviens donc de mon côté du boulevard pour un nouveau tour
d'immeuble.
Et là j'arrive à un carrefour où chaque matin je suis effarée par la vitesse
à laquelle les gens conduisent. Un carrefour où je regarde systématiquement 20
fois avant de m'engager, tellement la visibilité est mauvaise.
Hier soir, ce carrefour là était très lumineux. Il y avait des girophares
bleus et jaunes. Des gens qui courraient partout. Une voiture rentrée dans la
terrasse d'un restaurant (heureusement vide à cette heure là). Une autre plus
sérieusement amochée. Une petite voiture de rien du tout, qui n'avait plus
d'arrière et dont l'avant était totalement défoncé. Et dont l'intérieur était
tout en vrac, avec des secouristes qui essayaient de ranimer le
conducteur.
J'ai donc refait un tour pour chercher un place où me garer. En commençant
par me dire que cela aurait pu être moi et me demander qui les secours
pourraient bien appeler si une horreur pareille m'arrivait. En pensant aux
proches, ceux que j'aime, ceux que je ne vois plus ou tellement moins mais
auxquels je suis tant attachée. Et en me disant que putain, la vie ne tient à
rien, que d'une minute à l'autre tout peut basculer.
Ce matin, comme tous les matins, je suis passée par ce carrefour. Les
voitures allaient toujours aussi vite. La visibilité était toujours aussi
mauvaise.
Mais aujourd'hui, il y avait du sable, du plastique et un peu de tôle sur le
bas côté.

Commentaires
ça donne la patate cette note ;)
remets toi bien !
Une atmosphère de franche gaité se dégageait des ces lignes... Manque de soleil d'un été qui ne démarrerait peut-être jamais? Allez, "one more for the road"... le dernier verre, pour la route, pas celui qu'on prend sur l'oreiller... Le p'tit dernier... Le pas raisonnable, mais tellement tentant, tellement bon pour cette sensation de flottement, si délicieuse... Installé au volant, compte à rebours, 10...9...8 etc, etc... Tour de clé, bras raidis sur les commandes, façon pilote, sensation d'immortalité, passage en vitesse hyper-espace... Pression maximale sur l'accélérateur... Les yeux fermés, pour ressentir l'écrasement du corps sur l'alcantara... Choc sec, explosion de verre securit, déchirement des tôles, claquements secs des morceaux de plastiques... Instants de flottement, temps suspendu... Encastrement dans la vitrine... Silence... Fondu au noir... Nada.
....ça secoue toujours d'assiter à ce genre de scène :-/
merci, et la photo est super :).
Tu aurais pu, mais non, et les gens qui vivent vieux sont des survivants, les plus forts, les plus chanceux, ou les plus malins, va savoir.
Comme on dit souvent, c'est la vie !
et je vois que tu te fais spammer par l'énigmatique autant qu'incompréhensible Nina et son scandale public ?