Hier soir, j'ai dîné avec une bonne amie que je n'avais pas vue depuis une éternité. Le repas a un peu duré... puisque c'est à la fermeture du restaurant que nous nous sommes séparées. Direction chez moi, en sachant qu'à cette heure là (2h du matin), cela allait être galère pour trouver une place.

Arrivée dans mon quartier, je commence ma ronde pour trouver mon Saint Graal quotidien (une vraie place de stationnement). Je croise les dépanneuses qui font de la place sur les espaces "Livraison" en embarquant quelques victimes vers la fourrière...

Premier tour du quartier: bredouille. C'est pas grave. Malgré l'heure, je n'ai pas trop sommeil, il a cessé de pleuvoir, ma vitre est grande ouverte, je profite de l'air estival et des bruits de la nuit.

A un feu rouge, attendant tranquillement que le feu vert se décide à s'allumer, j'entends au loin un bruit effroyable. Je ne sais pas où cela se passe, ce n'est assurément pas très loin, mais a priori ce n'est pas à portée de vue. Je fais une autre ronde, de l'autre côté du boulevard. Toujours pas de place dispo, je reviens donc de mon côté du boulevard pour un nouveau tour d'immeuble.

Et là j'arrive à un carrefour où chaque matin je suis effarée par la vitesse à laquelle les gens conduisent. Un carrefour où je regarde systématiquement 20 fois avant de m'engager, tellement la visibilité est mauvaise.

Hier soir, ce carrefour là était très lumineux. Il y avait des girophares bleus et jaunes. Des gens qui courraient partout. Une voiture rentrée dans la terrasse d'un restaurant (heureusement vide à cette heure là). Une autre plus sérieusement amochée. Une petite voiture de rien du tout, qui n'avait plus d'arrière et dont l'avant était totalement défoncé. Et dont l'intérieur était tout en vrac, avec des secouristes qui essayaient de ranimer le conducteur.

J'ai donc refait un tour pour chercher un place où me garer. En commençant par me dire que cela aurait pu être moi et me demander qui les secours pourraient bien appeler si une horreur pareille m'arrivait. En pensant aux proches, ceux que j'aime, ceux que je ne vois plus ou tellement moins mais auxquels je suis tant attachée. Et en me disant que putain, la vie ne tient à rien, que d'une minute à l'autre tout peut basculer.

Ce matin, comme tous les matins, je suis passée par ce carrefour. Les voitures allaient toujours aussi vite. La visibilité était toujours aussi mauvaise.

Mais aujourd'hui, il y avait du sable, du plastique et un peu de tôle sur le bas côté.

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