Absence(s)
Par Miss Blablabla le mardi 26 mai 2009, - Tout et n'importe quoi - Lien permanent
Le réveil sonne. C'est déjà compliqué le matin, mais aujourd'hui c'est plus
difficile encore. Difficile d'ouvrir les yeux, de remettre les idées en
place... Instinctivement, je tends mon bras vers toi. Tu n'es pas là. Tu n'es
plus là. Alors le cerveau commence à se remettre en ordre... C'est vrai, nous
avons eu une discussion houleuse hier soir. Tu me parlais d'une autre, tu
rassemblais tes affaires... C'est trop douloureux. Je préfère ne pas y penser
et suivre sans réfléchir le fil de mes petites habitudes du matin.
Direction donc la cuisine. Zut... J'ai oublié de programmer la cafetière
hier soir... Il faut dire que tout est encore si confus... Je mets donc de
l'eau dans le réservoir, mets un filtre, 6 cuillères de café, index sur le
bouton vert... et j'attends que le café passe. Hypnotisée par la cafetière.
Impossible de bouger tant que je n'ai pas bu quelques gorgées du breuvage.
Alors j'attends. Que le café passe.
Mes yeux commencent à brûler dans leur immobilité. Instinctivement, ils
commencent à se promener dans la cuisine. Tiens, je n'ai pas fait la vaisselle.
Il faudrait aussi que je pense à glisser un rangement, là, sous le plan de
travail. Ce serait plus commode. Tiens cela me fait penser à ce porte couteaux
aimanté que j'ai accroché ce week end, il est quand même sympa. Ah... il manque
le grand couteau... Bof, il doit être dans l'évier. La cafetière me sort de ma
rêverie, je peux enfin boire mon nectar.
Après quelques gorgées, mon cerveau se remet à fonctionner. Et du coup, je
repense à hier soir. Cette dispute. Pourquoi ? Pourquoi m'avoir fait
ça ? Et d'où elle sort cette nana ? Les larmes montent, la confusion
revient... Une sorte de brouillard semble couvrir la soirée de la veille. Ce
n'est pas plus mal, c'est trop douloureux. Autant se replonger dans mes petites
habitudes du matin, mes automatismes qui ne demandent aucune réflexion. Je
finis ma tasse. La pose dans l'évier. Tiens, le grand couteau n'y est pas...
Bof, je ne suis pas bien réveillée, je n'ai pas du le voir et j'ai autre chose
à faire.
Direction le salon. Pour ouvrir grand la fenêtre, faire un courant d'air
avec celle de la chambre. J'étouffe ce matin, il faut que cet appart respire,
que je m'oxygène. J'avance, pieds nus, vers les rideaux tirés qui me coupent de
la lumière. Je les écarte d'un coup sec.
Tiens, finalement tu es là. Tu dors par terre. Et voici aussi le grand
couteau. Planté dans ton ventre.
C'est bon maintenant, tu ne veux plus partir ?

(Respirez les gens, il n'y a pas de grand couteau chez moi, pas de cadavre, pas de petit ami infidèle... Juste mon imagination) (oui, moi aussi je me fais peur, parfois)
Commentaires
J'adore !!!
(je préfère que ce soit pour de faux quand même hein)
On veillera bien à ne pas te laisser boire trop d'opus 2009 qd même...
C'est un article sponsorisé par Victorinox et Charles Manson ?
Tu devrais lui faire confiance plus souvent à ton imagination, ça donne des choses très bien ! Un proche me disait ce we ce qu'il ferait s'il tuait quelqu'un, en détaillant ce qu'il ferait du corps :-/ Et pourtant il est complètement équilibré, donc pas de soucis à se faire ! ;-)
"C'est bon maintenant, tu ne veux plus partir ?"
génial.
"il orage..."
Mathilde > J'étais totalement à jeun à l'écriture ! (oui, c'est possible) C'est une chanson d'Olivia Ruiz qui m'a donné l'idée, en fait.
Fanny > Pas d'articles sponsorisés ici, très chère. Je suis une blogueuse libre de la vénalité ambiante, moi !! (pourquoi, tu as un truc à proposer ?)
Anne-Claire > Du coup, j'en ai encore d'autres dans ma poche... je vais les pondre petit à petit...
LudoFJ > Non, Mozart est "génial". Moi, je suis drôle. Nuance. (et un peu connasse aussi, du coup)
philippe > "oh désespoir..." ?
hé! excellent ! ENCORE !
"oh des espoirs" aussi
mais je t'ai lue après avoir moi même créé ce même courant d'air au matin d'après l'orage. that's why :
"...une émeute se trame comme un bourgeon timide
il orage, après la pluie, seras tu là ?" BabX
Si tu es libre d'être vénale alors oui, il se peut que j'aie des choses à te proposer d'ici peu.
De quoi t'acheter pleins de couteaux tous neufs.
Conasse !
Greg > Non mais dis donc ?! Au moins ne fais pas de faute quand tu m'insultes ! (d'où tu parles mal, toi, maintenant ?!)