Plusieurs semaines dans sa grotte à ruminer sa peine, ses désillusions, à observer, analyser ce que l'on veut, ce qu'on a fait de sa vie, la direction que l'on a prise (et qui se trouve à cent lieues de là où on voulait se rendre), ça aide. Certes, je passe sûrement pour une sauvage qui ne sort presque plus, qui ne va plus boire d'apéro, qui téléphone peu... mais j'en avais besoin. Et du coup, cela m'a fait un bien fou. Mais bon, près de 5 mois en hermite, c'est bon, faut passer à autre chose. A une nouvelle réalité.

Parce que de ce repli sur soi, vient finalement des choses dont je suis de plus en plus convaincue. Posons un principe de base, verbalisé encore récemment le célèbre philosophe Eric Zemmour (ah ah !!) (ahem...): "le couple n'est pas naturel".

Quand tu entends ça et que tu es encore dans tes idéaux de jeune fille élevée au conte de fées, à coups de "ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants", ton 1er réflexe est de verbaliser toute une remise en cause par un "pauvre con !".

Alors qu'en fait, la vérité est bien là: nous ne sommes pas faits pour vivre en couple.

Démonstration.

Je commence par ma famille (analyse sociologique simple car à portée de main): sur un échantillon de 5 couples, 4 divorces. Je continue avec l'entourage et une observation plus générale: qui est capable de me dire qu'après 10 ans de vie commune, l'un est encore capable de surprendre l'autre ? (il y a peut être un ou deux contre-exemples qui ne feront, par leur nombre infime, que confirmer ma théorie).

Dès lors, je m'interroge: avec tout l'amour et toute la sincérité que peuvent avoir nos sentiments, le long terme n'est pas possible. Ajoutez à cela l'arrivée potentielle d'enfants, qui viendront ajouter aux perturbations (vous ne parviendrez pas à me convaincre qu'avec un petit bouchon entre deux adultes, il est encore possible de vivre quelque chose de fun, sexy et simple. Non, vous n'y parviendrez pas).
Ou alors, s'il y a long terme, il y a nécessairement l'un des deux qui sera frustré. Ben oui: dans un couple, il y a (au moins) deux personnes, deux forces avec certes, des atomes crochus, mais également avec des envies, des passions différentes. S'il y a trop de concessions de part et d'autre, la scission ne se fait pas attendre. Et si un seul parvient à maintenir sa bulle, c'est que l'autre a sacrifié la sienne. Et puis les concessions, c'est déjà le début de la fin.

Si l'on considère que l'Homme est un animal (plus ou moins évolué selon les spécimens), ce qui le fait avancer est l'assouvissement de son plaisir. Dès lors que ce plaisir est menacé, il change de direction (et par conséquence, sur le sujet avec lequel je vous fais passer du temps au lieu de bosser, il change de partenaire).

Le couple ne peut donc exister que s'il y a des efforts, des renoncements, des remises en cause. Mais qui est réellement capable de tout cela ? Honnêtement, je ne vois pas bien. Car tout cela n'est pas notre nature humaine. CQFD, donc.

Finalement, si on observe le monde animal, on se rend compte que celui qui a tout compris, c'est le Bonobo: chimpanzé Peace&Love vivant au Congo, proche à 98% de nous autres humains. Pas de conflit, une quiétude générale, tout le monde couche plus ou moins avec tout le monde (oui, car le bonobo a une morale: pas d'inceste). Un peu le meilleur des mondes, quoi...

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Bon ok, le bonobo est en voie de disparition. Et faudrait peut être que je pense, à l'avenir, à ne pas rester isolée aussi longtemps.

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