"Et dans 150 ans, on s'en souviendra pas..."
Par Miss Blablabla le jeudi 24 janvier 2008, - Je, Moi et ma petite personne - Lien permanent
La scène se déroule hier soir, au supermarché du coin (le seul endroit où il
y ait de la vie dans le coin où je bosse, en fait). Devant moi, un couple de
personnes âgées. Je plaisante un peu avec Monsieur, échange des sourires avec
Madame. J'en viens à me dire qu'ils sont mignons, tous les deux...
Et puis d'un coup, je me dis qu'en fait, non. Ils sont là tous les deux,
effectivement encore plein de tendresse et d'attention l'un pour l'autre (ça,
c'est clair, c'est beau, sur la longétivité des sentiments), mais en même
temps, qu'est ce qu'ils font ? Ils font leurs petites courses, avant de
bouger leurs rumathismes et/ou leur artrose jusque sur leur canap, en prenant
bien soin de gérer l'heure et le moment où commence le JT de PPDA.
Ils attendent la mort, quoi.
Et ça, ça me fait grave flipper. Les années passent à une vitesse infernale,
une vie ne suffit pas à faire tout ce que l'on voudrait faire, et même plus. Et
cela se finit comment ? Les traits abîmés par le temps, les os trop
fragiles, les muscles rétrécis, et au final, le grand soir, celui où tu ne te
réveilles plus. Alors que le reste du Monde a le culot de continuer de tourner
sans toi. Et encore, quand tu as la chance de vivre tes dernières années dans
une condition physique relativement bonne... L'angoisse.
Plus ça va, plus j'ai conscience de toutes les choses que je voudrais faire et
du peu de temps que j'ai. Car comme tout le monde, j'ai une dose de vie qui m'a
été donnée, mais je ne sais pas quand cela va s'arrêter... Peut être demain, du
côté du périph. Ou encore ce soir, sous un bus. Ou alors dans 50 ans, après
avoir bien fait chier mon monde sur la durée... Qu'en sais je.
Et l'ignorance génère la peur, forcément.
Rien de bien philosophique, en somme. Juste une peur bien présente, mais bien
banale. Alors c'est con, mais quand je vois les photos prises par Benjamin (cf.
note juste en dessous), je me dis que j'en ai de la chance: il a capturé des
moments précieux avec des gens que j'aime, et il a réussi à prendre quelques
clichés de moi sur lesquels j'arrive à me regarder (les lecteurs de longue date
savent à quel point j'ai un problème à ce niveau là. Pour les autres, il y a
les archives, hein).
Et donc, en attendant le grand soir, quand je me trainerai mon arthrite et
mes varices pour aller mater le JT de François, fils caché de vous savez qui,
je pourrai regarder ces photos. Et sourire malgré tout.

(Photo Benjamin Boccas - janvier 2008)
Commentaires
J'vais pas faire de philo de comptoir sur la mort et sur le bonheur mais ce qui est clair, c'est que ce nous sommes en train de vivre est très très cool et ces photos en sont les témoins :)
Pleins de bisous à toi la vieille :]
Je propose qu'on ne fasse plus rien, jamais sans Benjamin, je crois que je me suis habitué à la lumière de son projo et à nos formations accélérées de "énerve toi la main en bas" ou "attention tu fais de l'ombre à Ron", ou encore "saute en toute tonicité". Allez, tu l'appelles pour lui annoncer qu'on l'adopte ou moi ? (hinhin)
Sinon, cette photo est super belle, douce et profonde aussi.
A dimanche, des bisous et ne lis pas le commentaire de Greg à la fin il dit un truc super pas sympa...
Et faire des zenfants, tu y penses ?
Le tas de géniales emmerdes que cela provoque fait penser à bien d'autres choses ! Believe me...
greg > Tu sais c'qu'elle te dit la vieille ?!
Mathilde > Oué, on va l'adopter Benjamin. Mais chuis pas sûre qu'il va adorer l'idée...
Et sinon, des bisous, bon shopping et à dimanche !
Laurent > Il y a vouloir et pouvoir... Mais je te crois sur parole.
Ouhla, il est un peu flippant ce post. Mais à la limite, je dirais que c'est pas tellement ma mort qui m'inquiète que celle de mes proches. Parce que moi, une fois morte, ben soit il y a quelque chose après et j'aurai cet après à "vivre", soit y a rien et je m'en rendrai pas compte. Pour ceux qui restent, faut le vivre.
Ouais bon, mon comm est pas joyeux non plus, gloups!
Je suis bien d'accord avec toi. Tout peut basculer à n'importe quel moment et s'arrêter. Mais est ce que nous devons aller au bout de tout ce que l'on veut faire au détriment de plein d'autres choses ?
Si je vivais sur les bases que tu indiques je n'aurait pas la vie que j'ai car personne ne pourrait me suivre et j'avoue que là le but de ma vie me poserait un sérieux problème.
Alorsj'ai choisi de me modérer, de renoncer à certaines choses pour mieux en apprécier d'autres, partant du principe qu'on ne peux pas tout avoir sans en assumer les conséquences. Je ne sais pas si j'ai raison mais c'est le choix que j'ai fait.
J'ai vu le film "Didine" . J'ai bien aimé. Malgrès que l'on rit, j'ai eu bien de larmes.
Loterie, la vie, on ne sait pas ce que l'on va gagner... mais ça reste excitant !!!
un bon moyen de moins regretter, c'est de sortir du bureau a des horaires decents >)
Magnifique photo!!! (c'est dingue mais je l'ai déjà vue cette photo... où ? je sais pas!!! oups... )
Mais très beau texte
Magnifique photo!!! (c'est dingue mais je l'ai déjà vue cette photo... où ? je sais pas!!! oups... )
Mais très beau texte