Enfin, c'est fini. Ce putain d'"esprit de Noël". Qui commence avec tout ce monde dans les magasins, les coups de coude, les orteils écrasés, l'énervement. La vieille qui brame parce que soi disant on lui est passé devant (ce qui est totalement faux) (et fait rejaillir le débat sur l'euthanasie).
"Esprit de Noël" qui continue tranquillement son chemin avec la bouffe. Trop de bouffe. L'écœurement, le bide à bloc, la culpabilité sur la balance.
On enchaine avec la joie d'être en famille. C'est un peu l'occasion de l'année de se retrouver, et donc de faire remonter tout le fiel que l'on peut avoir contre certains. Et puis c'est tellement mieux de se foutre sur la gueule avec du foie gras plein la bouche. En se disant qu'à la bûche, on sera passé à autre chose. Jusqu'au lendemain.
Et puis il y a l'ouverture des cadeaux, les gueules de quatre pieds de long parce que même si on a passé des plombes à se creuser la tête pour trouver le truc original censé faire plaisir, on tombe forcément à côté.
Sans parler de la petite lettre du banquier, quand on sort la tête de la dinde aux marrons, qui a pensé à nous, histoire de nous rappeler à l'ordre alors que la moitié de la paye est passée en cadeaux (que même pas ils ont été appréciés, pour mémoire). Trêve des confiseurs mon cul.

Non en fait, c'est pas vrai. J'aimerai détester Noël. Mais j'ai beau m'y appliquer, j'y arrive pas. Parce qu'il y a toujours ce moment de grâce: celui de voir ceux que j'aime. De me marrer avec eux: grand mère, tante, cousin et cousine (le singulier, c'est fait exprès) et leur moitié. En plus cette année, j'ai été gâtée. Parce que même si elle est arrivée un peu tard, elle était là. Et pas toute seule en plus. Je sais que tu me lis, grande soeur, alors j'en profite pour te le dire encore: je t'aime.