La vie n'est qu'une longue continuté d'injustices. Et j'en ai encore fait les frais samedi dernier. Oui parce que n'étant pas équipée d'une constitution me permettant de me gaver de Nutella sans prendre un gramme ni un bouton (saloperie de nature mal faite), m'a fallu m'inscrire à un club de gym (et accessoirement commencer à faire gaffe à ce que je bouffe. Commencer, j'ai dit. Faut pas non plus créer un trauma niveau de l'estomac et lui faire avaler des trucs sains d'un coup).
Donc, inscription à un club de sport, comme je vous en ai déjà parlé.
Donc, il m'arrive d'y aller (dingue). Et la dernière fois, c'était samedi.
Tout commençait bien pourtant: je me fais conduire par l'amoureux (oui ben je vais pas non plus y aller à pied, merde), pas trop de monde sur les machines, ce qui permet de ne pas se prendre la honte de sa vie (et sur trois générations) en cas de plantage dans l'utilisation de la dite machine. Ou plus simplement en cas de cassage de gueule sur stepper (c'est possible, j'ai une copine à qui c'est arrivé. Oui, une copine, et pas moi !! ... ahem...)
Donc, j'attaque les réjouissances par du step. Programme "brûlage du gras du cul et des cuisses". Autrement appelé "t'es pas foutu de monter tes 7 étages à pieds, alors vient éliminer ta surcharge lipidique sur une machine, grosse feignasse !".
Quelques 40 - et des brouettes- étages montés plus tard et très peu de calories éliminées (en proportion, je trouve que c'est un scandale), changement de machine. Regard circulaire: hop, on va faire du vélo. Bon pour le coeur en plus de continuer à faire travailler ces putains de jambes qui n'ont pas eu la bonne idée d'être aussi belles que celles de Carla Bruni (Je hais la nature. Et Carla est une salope d'avoir d'aussi belles jambes)
Installation, concentration ("comment ça fonctionne cette merde ?!?!" ... Oui, en sueur, je m'énerve facile), hop, démarrage, option "je sprinte, ça éliminera plus vite que le step machin arnaque".
Là, à côté de moi, un papy. Mais vraiment, le Monsieur devait avoir 10 ans de plus que mon Papa, qui est déjà deux fois grand père, donc, c'était forcément un papy (pour précision, c'est ma soeur qui a fait des mini-elle, c'pô môa).
On va l'appeler "le vieux du club" (puissant, le surnom). Donc le vieux du club, il est là avec son journal, à pédaler tranquille mimile. Et voilà qu'il commence à me parler. Moi, la patate de service, j'y réponds au vieux. Et gentiment en plus ("le pauvre, il est vieux, il se maintient en venant ici, histoire de voir du monde, pendant que mémé va traîner à la Poste pour voir elle aussi du monde. Pis si jamais il y a encore canicule cet été, au moins j'en aurai moins gros sur la conscience: j'aurai un jour été gentille avec le représentant d'une espèce en voie de disparition"). Donc, j'y cause au vieux, et puis il est plutôt sympa.
Jusqu'au moment où il me dit qu'il va boire un café, et me propose de m'en offrir un. Et moi (trop conne des fois j'vous jure), de peur de faire de la peine à un vieux qui n'a plus de vie et recherche juste un peu de compagnie, ben je dis ok. Quand je vous dis que je suis conne...
Hop au distributeur, hop deux cafés, et là il m'invite à m'installer sur la banquette de la salle de repos du club (le coin drague, en fait). Et v'là t'y pas que le vieux, presque il s'installe sur mes genoux... Après moults remuages pour m'éloigner tout en étant coincée par l'accoudoir de l'autre côté, je me retrouve les fesses à moitié par terre, à prendre un air détachée pour continuer à lui parler polimment, alors que je n'ai qu'une envie: lui balancer mon café dans sa gueule, à ce vieux pervers. Parce que son histoire, là, c'est un peu comme d'aller proposer des bonbons aux petites filles à la sortir de l'école.
Je vais la faire brève: il a fini par me donner sa carte (où figurait son nom, son portable... Mais aussi le nom de Madame... grande classe, le vioque) et me demander de lui donner mon numéro pour m'inviter à bouffer un de ces soirs (ben tiens).
Faisant preuve d'une imagination et d'une rapidité insoupconnées après exercice physique et bon énervement généré par l'autre con, je lui ai grifonné sur son journal un nom au hasard (en fait, celui d'une copine du collège...) et un numéro (en fait, le mix du numéro de l'amoureux, de ma môman, et de ma boss...)
Donc voilà, la vie est une salope. Parce que si j'avais eu les jambes de Carla Bruni, jamais je n'aurai été inscrite à ce club de malheur, jamais je n'aurai eu à me lever aux aurores samedi, jamais je n'aurai eu à mentir à ce vieux affreux. Et je n'aurai jamais autant souhaité en ce moment même que cet été, il y ait une nouvelle canicule.