Pendant 30 ans, j'ai toujours eu horreur de fêter mon anniversaire. Rien à voir avec le fait de prendre une année. Non. La raison est simple: ça tombe juste après les fêtes. Donc par définition, les gens sont un peu gavés, ils n'ont pas forcément envie de récidiver au lendemain des Noël et autre jour de l'an. Ils ont envie qu'on leur foute la paix.
La famille n'est plus forcément dispo pour à nouveau se réunir. Bref, un peu comme un soufflé qui retombe inéluctablement à sa sortie du four: l'ambiance n'est plus à la fête.
Et puis, ça tombe toujours après cette foutue Epiphanie. Et longtemps, j'ai eu droit, comme gâteau d'anniversaire, à la fameuse galette. Vous savez, celle à la frangipane, bien grasse. Or, la frangipane et moi, nous ne sommes pas très potes. C'est limite épidermique.
Et puis, j'ai toujours aimé organiser des surprises pour les gens autour de moi à leur anniversaire... Et chaque année, constat que les gens n'ont pas forcément le même entrain à mon égard...
Bref, tout cela cumulé, exagéré par mon bon caractère légendaire, je n'ai jamais souhaité fêter mon anniversaire.
Et cette année, il y en a un, là bas, au fond, qui a compris comment je fonctionnais: au latage de cul (oué, il percute vite). Et qui a donc insisté, parfois lourdement, mais il a eu raison. C'est donc le jour fatidique que je me suis dit qu'après tout, ce serait l'occasion de voir les gens que j'aime bien et qui sont sur place (les géographiquement éloignés ayant été présents autrement). Ceux triés sur le volet. Qui sont auprès de moi depuis plus ou moins longtemps, mais qui ont été présents. Bienveillants. Généreux, sans condition, juste comme ça. Et qui en plus, ont répondu présents pour qu'on se fasse un petit truc vendredi soir.
C'est donc grâce à eux que j'ai changé d'avis. Que même pas j'imaginais que ce soit possible là dessus, hein. A vous qui vous reconnaitrez, un grand, grand merci.