C'est con comme on peut s'attacher à un grille pain. Et c'est aujourd'hui que je m'en suis rendue compte. Parce qu'on ne peut pas toujours tout garder: pas d'utilisation immédiate, pas de possibilité de stocker toutes ces choses. Alors on fait du tri, même parmi ce qui est encore largement en bon état. Mais il va falloir se délester. Du grille pain, donc. De ce combiné cafetière expresso, gagné à un jeu radio, mais de très bonne qualité, hein. Des verres achetés en quantité pour la pendaison de crémaillère. De ces fringues, toutes ces fringues. De ces livres, alors que je ne sais pas, ou si difficilement, ne pas être accompagnée de mes livres. Même les plus cons. Seulement voilà, faut que je me rende à l'évidence, faut trier.
Et c'est rude quand comme moi on s'attache aux choses matérielles. Parce qu'elles sont le souvenir d'un moment, d'une période de ma vie, d'une rigolade, ou tout simplement parce qu'elles m'ont toujours accompagnée dans mes différents déménagements, mais ce ne sera pas le cas cette fois ci.
Voilà plus de 10 jours que je trie, emballe, déballe, fais des allers retours, me démmerde comme je peux pour vider en temps et en heure cet appart. Je me sens comme le petit poucet: j'ai laissé derrière moi tellement de choses. Du coup, je n'ai plus de repères. J'ai toujours peur de gêner, alors je me fais petite. Enfin, autant qu'on le peut quand on est gaulée comme une jument. Alors je me recroqueville. Il y a des fois où j'aimerai tellement être transparente.