J-10. Voilà, jeudi 30/11, je quitte cet endroit où je bosse. Mélange de sentiments. Parce qu'il y a du soulagement. Mais parce qu'il y a aussi et surtout toutes ces angoisses que je traine depuis un moment, liées à ma situation professionnelle, et ses inévitables conséquences financières. Suis libérale, donc pas droit au chômage. Et je n'aime pas ne pas savoir où je vais. Etre en position de demande. Et c'est ma situation actuelle: recherche d'emploi, besoin de ma sentir épaulée, tout en ne voulant pas emmerder mon monde avec ces angoisses qui me bouffent, ne pas passer mon temps à parler des choses qui ne vont pas (oui je sais, je ne fais que ça ici depuis un moment...), envie d'avoir une bulle protégée de cette tourmente. Mais pour le coup, être vidée. Vidée d'énergie, de substance, d'intérêt.
"Never complain, never explain" m'a toujours répété mon Père. Alors pour le coup, les mots ne sortent pas. Je n'arrive même plus à parler aux plus proches. Non pas par calcul, juste par habitude, par fierté mal placée sûrement, par envie de tenter de penser à autre chose l'espace d'un instant, par peur d'embêter. Il y a des moments de regain d'optimisme, car après tout, cette situation n'a pas vocation à durer. Et puis après la rechute "oui, mais en attendant, je fais comment ?". Et le repli sur soi.
J'ai toujours eu cette facheuse habitude de me refermer comme une huître quand ça ne va pas. Je comprends très bien que cela puisse être déroutant, pénible, quand on est tout à côté. Moi qui suis déjà une chieuse en temps normal, mes capacités sont décuplées quand je me sens au fond du trou. Faut que je parvienne à vite toucher le fond du bout des pieds, pour rebondir. Pour que les jolies choses ne soient pas elles aussi emportées par la tempête qu'il y a en ce moment dans ma petite tête.
Bref, il est temps que je bouge le cul à mon moral. Car j'ai aussi beaucoup de chance, au milieu de tout ça. Il est temps de s'ouvrir un peu plus.