L'angoisse. De cet espèce de coma obligatoire dans lequel on est obligé de se plonger chaque soir. Tout faire pour repousser l'échéance. Tous les moyens sont bons: discussion jusqu'à des heures indues avec des potes, aller jusqu'au bout d'une émission TV à la con, un dernier coup de fil pour se dire bonne nuit (prétexte à juste entendre son souffle, sa voix de velours, son rire...), et puis décider de boire un lait chaud, prendre le temps de le préparer, de le savourer... Tiens, une dernière cigarette... Je tombe de sommeil, mais je ne veux pas sombrer. Je fais donc le tour des blogs, en profite pour découvrir de nouveaux liens. Encore une cigarette, celle là, c'est la dernière et je vais me coucher...

Un petit câlin au chat, quand même je ne suis jamais là, il faut bien que je m'en occupe un peu... Vais checker mes mails, re-tour des blogs, comme s'il y avait une activité délirante dans la blogobulle à 1h30 du mat'... Je pense à ce grand lit qui m'attend, froid, vide, sinistre quand Il n'est pas là. Je pense à ses bras... Bon allez, une dernière clope. En la fumant, j'en profite pour feuilleter un magazine de gonzesses. Et là, je trouve le moyen de me passionner pour le dernier vernis à ongles de Paris Hilton. Et même qu'il y a un article qui pourrait faire un sujet de note, autant le lire...

Je finis tout de même par me coucher. Contrainte et forcée par la fatigue. Mais je ne veux pas éteindre tout de suite la lumière, comme si elle était un point d'attache. Alors je lis. J'ai tellement de livres non lus dans ma bibliothèque, autant les écumer. Résister. Au maximum. Continuer de fuir le sommeil. Le noir. Et finir par s'endormir, épuisée de tant de résistance débile. Le lendemain, se dire qu'on est vraiment trop con de s'infliger des réveils aussi difficiles. Et le soir, recommencer le même cirque pathétique de fuite.