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J'avais lu le bouquin de Laura Weisberger peu de temps après sa sortie en France, c'était donc en décembre 2004... Au moment où je cherchais (déjà !) à quitter l'endroit où je bossais, après avoir passé 3 ans totalement bouffée par la personne pour laquelle je travaillais. Et quand je dis "bouffée", c'est vraiment ça. Elle m'a à peu près tout fait: s'immiscer dans ma vie privée, se permettre des commentaires sur mes tenues vestimentaires, "m'inviter" à dîner chez elle (comme si j'avais eu la possibilité de refuser, vu son caractère et sa susceptibilité), me faire écourter mes vacances de Noël au dernier moment, me faire des crises de nerfs assez mémorables, avec dossier et stylos volant à travers son bureau, me téléphoner à toute heure du jour comme de la nuit (week-end compris) pour savoir où j'en étais sur tel ou tel dossier, me retenir pour des raisons x ou y les vendredis où elle savait pertinemment que j'avais mon train à prendre pour retourner dans mon Sud natal le temps d'un week-end, me faire faire des nocturnes pour au final passer sa soirée à me raconter sa vie de merde, ... j'arrête là, la liste est trop longue, et ça réveille mon ulcère.
Il est des fois où on se dit qu'on est de nature trop conciliante, qu'on se laisse trop envahir. Oh en même temps, cela m'a servi de leçon... Quoique. Ma sensibilité ressort toujours, et je parviens encore largement à m'angoisser pour des petites choses qui finalement, quand on prend le recul suffisant, sont toutes relatives. Encore faut-il parvenir à prendre le recul...

Donc aujourd'hui sort le film. "Le Diable s'habille en Prada". Alors forcément, comme je me sens proche de cette histoire (même si mon boulot ne m'a jamais permis de porter du Gucci ou des Manolo... si seulement...), j'y serai. Ce soir ou demain, ça dépendra. De ce que le nouveau Diable va me sortir de son chapeau au moment où je vais partir. Peut être.
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