Loin de moi la présomption de dire que les hommes testent systématiquement leur pouvoir de séduction sur moi. Et d'ailleurs, vu les méthodes parfois employées je ne m'en plains pas. Juste envie de faire une constatation sur une observation (sur moi et mes copines) qui remonte à l'âge antique où nos seins ont commencé à pointer (parce qu'il faut être honnête, c'est à partir de ce moment là que le mâle bipède de base commence à loucher sur les gonzesses).
Prenons une image idyllique de fin de parcours: cet être de lumière, qui vous aura fait chavirer le coeur, vous a offert des fleurs, vous a félicitée sur vos talents de cuisinière (une bobonne, ça s'entretient), pour finir avachi dans son canapé, une bière à la main, absorbé par le match OM-PSG. Mais avant d'arriver à ce bonheur en barre qui viendra égayer notre retraite méritée, il a fallu qu'il vous séduise, cet être de lumière. Et ce fut pour lui un peu le parcours du combattant. Mais en fier descendant de Cro-Magnon, il n'a peur de rien.

Nous remontons donc dans le temps, et allons jusqu'au collège. Les techniques ont été vérifiées et avérées depuis des générations, et le top reste le coup du film au ciné. Plusieurs écoles: le baillement avec le bras qui finit comme par hasard autour des épaules de la belle, ou l'approche plus timide mais tellement mignonne de l'accoudoir. Le résultat sera le même: la galoche en vrac, avec léchage d'amigdales en bonus, et satisfaction pleine et entière des deux parties.

Puis viennent les années où le jeune bipède mâle est étudiant. Et comme tout étudiant, il a le couteau entre les dents, des hormones qui s'affolent grave, des boutons sur la gueule mais une furieuse envie de conclure. Pas de bol, vous êtes la cible du soir. En général, la scène se déroule en boite, les éternelles soirées mousse du Macumba n'ayant pas leur pareil pour faciliter les tactiques d'approche. Voilà donc notre spécimen qui approche, tel le crabe pas bien assuré de sa démarche, et qui commence à chalouper son corps contre le votre, ondulant comme il se doit. La technique est tout aussi subtile que celle du collège. Et le résultat aussi flamboyant, à une différence près: le baiser est aviné au dernier degré.

Bref, toutes ces anecdotes se suivent, et se ressemblent quelque peu. Sauf qu'en tant que nana, les années passant, on commence à avoir de plus en plus de recul, et le bipède tout juste sorti de sa grotte, on finit par le voir arriver de loin.

Il y a celui qui vous arrête dans la rue en vous mangeant du regard comme si c'était la première fois qu'il voyait une femme, celui qui vient s'installer à votre table alors que vous attendez une copine (un peu mufle, quand même, celui là), celui qui vous envoie des mails enflammés parce qu'en lisant votre blog il s'est dit "oh putain la bonnasse !!" (english blazer, je vous le concède), celui avec lequel on échange trois plaisanteries mais qui croit que pour le coup, c'est emballé et pesé, celui qui vient presque s'installer sur vos genoux dans le métro pour vous demander l'heure ... Des exemples, il y en a des milliers. Tous aussi maladroits les uns que les autres, certains plus subtils que d'autres, qui sont franchement relous.
Et dans cette foule, il y en a sûrement un qui l'air de rien, va faire son chemin à pas de félin, pour vous approcher doucement, et faire qu'en vous levant le matin, vous vous sentez légère. Tout simplement. Et c'est pour ça que pour toute maladroite qu'elle soit, la séduction masculine fonctionne toujours.