Scalpel Nigthmare
Par Miss Blablabla le mardi 1 août 2006, - Je, Moi et ma petite personne - Lien permanent
(âmes sensibles, s'abstenir)
D'humeur joyeuse aujourd'hui (malgré une soirée beaucoup trop arrosée et donc
un cerveau en phase de décomposition), je me rends compte que je ne vous ai pas
parlé de cette autre expérience ludique en morgue (la première est là).
Alors commençons par le contexte: août 2000, encore étudiante (plus pour
longtemps), j'effectuais un stage auprès d'un juge d'instruction. Stage d'un
petit mois, réellement passionnant, le juge en question ayant une réelle
personnalité et le coeur sur la main. Premier jour: quelques appréhensions. Ben
oué, le droit pénal n'est pas exactement ma spécialité, je ne sais pas trop ce
que l'on va me demander de faire, mais en même temps il y avait une réelle
excitation de découvrir les coulisses du Palais. (Parenthèse pédagogique: s'il
y a un étudiant en droit qui passe par ici, cours donc faire un stage en
juridiction !!!)
Donc je débarque le lundi matin, et on commence par l'audition d'une
personne accusée de pédophilie (histoire d'être tout de suite dans l'ambiance),
et on enchaîne avec un type qui a tiré à bout portant sur un autre mec avec un
fusil à pompe. Vous imaginez ma joie de découvrir toutes ces choses, moi, la
grande sensible à l'estomac pas bien solide...
Fin de l'audition du Monsieur au fusil, et le Juge me propose: "Il y a
l'autopsie de la victime jeudi, est-ce que tu veux y aller?". Hors de question
de me démonter dans ce nouvel univers où la femme n'est pas exactement
présente, je réponds donc par l'affirmative (mon orgueil féministe est parfois
assez déplacé, j'en conviens).
Arrive donc le jeudi. Je vais direct chez les flics, puisque c'est celui qui va
prendre les clichés qui m'emmène à la morgue. (Pour info: une jeune étudiante
en robe d'été est toujours très bien reçue chez les flics...)
Arrivée à la morgue: tiens je connais le médecin légiste. Non seulement il
connaît mon Père, mais en plus, sa fille était à la fac avec moi (une vraie
connasse, mais bon, ce n'est pas le sujet). Bien évidemment, je me présente la
bouche en coeur: "Blablabla, fille du Docteur Blablabla. Je suis aussi à la fac
avec votre fille ! Oui, nous nous connaissons très bien toutes les deux,
oui oui" (tu parles, on ne pouvait pas s'encadrer).
Et à quelques mètres de là, la victime. C'est un homme. Première réflexion
(débile, il est vrai): il semble que le zizi rétrécie vachement quand l'homme
trépasse. A moins que cela n'ait été de naissance (le pauvre). Puis le médecin
légiste, trop content de prendre sous son aile une fille de confrère et "amie"
de sa fille (c'te salope), s'est mis en tête de tout me faire voir. Oui, TOUT.
Alors on commence par me mettre de nez sur la plaie (au niveau du bide) pour me
montrer comment on reconnait que le coup était à bout portant. Et de près,
l'odeur, on la sent super bien, croyez moi.
Puis on attaque le protocole: ouverture du bide au scalpel pour la pesée de
tout ce qu'il y a dedans. Là, quand on ouvre, ça pue. Une horreur. Je vais donc
faire un tour dehors, histoire de prendre l'air. Le médecin légiste vient
s'assurer que tout va bien. Imaginez: il est en tenue, masque et tout et tout,
le scalpel dégoulinant dans la main. Et comme tous les gens du Sud, il parle
avec les mains. Une obsession: pourvu qu'il n'y ait pas un bout de chais pas
quoi sur le scalpel qui me tombe dessus...
Comme il faut sauver l'honneur, je re-rentre. On en est à la tête. Qu'on
ouvre à la scie manuelle. Et là, j'ai vraiment eu du mal. Ce n'était plus
possible. Ce pauvre homme allongé, avec tout ce qui est normalement dedans qui
se trouvait dehors, et la peau du visage soulevée par le médecin qui pour
blaguer me dit "Vous avez vu, il portait un masque !!!" (humour carabin, quand
tu nous tient...)
Bref, j'ai fait mon plus beau sourire et je suis ressortie. Il ne faut pas
abuser des bonnes choses, et j'estimais avoir suffisamment testé mes limites à
ce niveau là. Alors je présente les choses dans un esprit de rigolade, car tout
cela est tellement laid et bizarre qu'il faut mettre une distance, ne pas trop
s'impliquer. Sinon, on se rend compte à quel point des choses atroces peuvent
arriver. Ou même pire: réaliser que la personne que l'on autopsie était jeune,
avait une vie, une famille.
Alors pour mettre de la distance quand je suis sortie de là, j'ai pensé à la soirée à laquelle je me rendais le soir chez une copine. C'était soirée barbeuk. Joie.

Commentaires
...said: "Flesh for fantasy"
Entre ton histoire et les tripes chez DamDam, y'a vraiment de quoi aller faire un p'tit tour au-dessus de la cuvette des chiottes... Je sais pas ce qu'il m'a pris, je ne bois jamais de café, mais ce matin si...ça me donne la gerbe...
même pas un ptit vomi pour la route?
K-Rose> Je suis désolée, du coup j'ai ajouté une petite mention au début de la note... Quelle idée aussi de boire du café de bon matin, c'est un truc de Punk !!!
cubik> Non, non, suis restée propre, et je ne suis pas tombée dans les pommes. Par contre, il y avait un jeune flic dont c'était la première autopsie qui s'est évanoui... Il avait trop la hone après !
Billy Idol> Vous?! Ici?! Comment je suis trop l'amie des stars, moi. Un peu Laurent Boyer au féminin, en fait.
en tout cas, ça m'a bien fait apprécier mon quick >)
Je crois qu'ils ont remis des barres de chocolat dans le distributeurs à saloperie, je vais aller y faire un tour... même pas mal!
"Engore" une aut' steuplé !!(ouai : chuis enrubé à cause de clim/fournaise/ventilo à bloc/cagnard/pièce rafraîchie - fait chier ; c'est rien ballot en plein bois doute d'user des tonnes de bouchoir en babier, non?)
Bon dieu quel cran! je n'aurais jamais pu...
Une journée barbaque, une soirée barbeuk. Logique.
MDR /)
Miss Blablabla, bravo pour l'adéquation entre ce post et les banières sur le côté :
"envie de sang frais"
"don de sang"
si c'est pas bien fait ça :-)
bon, bah moi qui ai pas déjeuné (comme tous les matins, je sais c'est pas bien), je crois que le steack ce midi, ca va être dur, je vais prendre une salade
Dis donc, tu m'épates! Pour l'odeur, ils ne t'ont pas offert un peu de Vicks, ces sagouins?? Si tu veux plutôt du virtuel, je recommande tous les Patricia Cornwell avec l'héroïne Kay Scarpetta, médecin légiste de son état. On apprend plein de trucs sur la découpe en Y avec la scie Stryker et la luma-Lite, c'est chouette... ;o)
Je sais pas si j'assisterai un jour à ce genre d'opération, mais une chose est sûre : il n'y a aucune chance que je rigole autant qu'en lisant ta note ! ;)
Il parlait avec les mains ? Ne dit-on pas tailler une petite bavette ?
Salut !
J’aimerais beaucoup effectuer un stage auprès d’un juge d’instruction. Pourrais-tu me dire dans quel tribunal tu as fait ton stage, et comment as-tu fais pour l’obtenir (envoi d’une « simple » lettre de motivation) ?
Merci d’avance pour tout renseignement que tu pourrais me donner.
Liv****