C'est marrant, après avoir discut(c) de plein de choses avec une nana-qu'elle-est-trop-de-la-balle ce week-end, m'a saut(c) la face le fait que je ne parle quasiment jamais ici d'(c)vènements appartenant mon pass(c). Bon certes, j'ai d(c)j parl(c) de trucs du genre l'incroyable fianc(c) largu(c) in extremis avant qu'il ne soit trop tard et que je ne devienne une bobonne en cloque jusqu'au dents s(c)questr(c)e dans sa cuisine, mais pas tellement des trucs plus ludiques.
Commence donc ici la s(c)rie des "exp(c)riences v(c)cues" (la s(c)rie des cauchemards risquant de faire trop peur certains), et je commence avec l'une des plus ludiques: ma visite de la morgue de Marseille, et le fait que je ne peux plus manger de salade de haricots (et bientôt, vous non plus).

Le contexte: mon Papa-ce-h(c)ros-au-regard-si-doux, outre être un arracheur de dents r(c)cemment parti la retraite, est un passionn(c) de Pal(c)oanthropologie, ce qui l'a amen(c) travailler sur plein de trucs dingues avec des crânes et parlant d'origine de l'Homme, mais (c)galement donner des cours La Timone, Marseille.
Marseille, joli port de pêche où il y a quelques ann(c)es, un corps de femme coup(c) en morceaux a (c)t(c) retrouv(c) enferm(c) dans des sacs poubelles, au fin fond de l'eau. Autant vous dire que le fond du port (c)tant peupl(c) de crabes en pagaille, elle (c)tait un peu ab(r)m(c)e quand un pêcheur a fait sa macabre d(c)couverte (les mangeurs de bouillabaisse appr(c)cieront). Et donc, il a (c)t(c) fait appel mon Papa- -moi pour prendre toutes les mesures du crâne de la Dame, afin de reconstituer son visage (avec l'aide d'un dessinateur) et pouvoir ainsi l'identifier (parce que l , comment dire... c'(c)tait plus possible).
Jeune (c)tudiante en droit, mon Père m'a donc entra(r)n(c)e avec lui, parce qu'après tout, il s'agisait de m(c)decine l(c)gale.

Nous voil donc tous les deux en route pour la morgue de Marseille, qui se trouve pile poil au beau milieu du cimetière. Nous sommes acceuillis pas le croque mort, qui se plaint de l'odeur d(c)gag(c)e pas la Dame d(c)coup(c)e (on va l'appeler Brigitte, rapport aux coquillages et aux crustac(c)es), qui pue, mais qui pue.... je passe sur les d(c)tails, et sur la notion de "go"t de l'odeur", que tout le monde ne peut pas comprendre (les bienheureux, car c'est assez d(c)gueulasse).

Le croque mort sort la tête du sac qui est dans le frigo, et nous voici nez nez (si on peut dire, parce qu'il ne lui reste plus grand chose) avec Brigitte. Il n'y a plus rien d'humain. Tant mieux, c'est plus facile (enfin, y'a toujours cette odeur, mais la vue est tenable).
Comment d(c)crire Brigitte sans tomber dans le film d'horreur?... Ben c'est un peu Mickael Jackson: tout blanc, plus beaucoup de peau, manque un oeil, et l'autre ressemble une capote usag(c)e pendouillante.
Donc on prend les mesures, mon Père va regarder dans le sac du frigo si les jambes sont (c)pil(c)es, les ongles faits etc... (oui, tout est en vrac dans un seul sac), ce qui peut aider d(c)terminer si elle (c)tait une clocharde ou pas.
Et Brigitte est l , devant moi, impassible, l'oeil terne (bon ça va, on peut rigoler un peu !).
Tout cela nous prend une bonne heure. On s'en va. Sauf qu'il fait maintenant nuit, et que la voiture est rest(c)e gar(c)e dehors, donc hyper loin. Pas grave: le croque mort nous amène l'entr(c)e du cimetière en corbillard (pour info, c'est assez confortable).
Je sors de l assez contente de ne pas être tomb(c)e dans les pommes, pendant que, comme son habitude, mon Père me parle des 36 000 id(c)es d'articles qu'il a en tête.

Le soir, d(r)ner chez les parents de l'incroyable fianc(c) (encore lui). Et l , salade de haricots. Autant, le steak est très bien pass(c), mais sachez qu'une salade de haricots a exactement le même go"t que l'odeur d(c)gag(c)e par Brigitte. Depuis, c'est plus possible pour moi d'avaler un truc pareil.

Vous bouffez quoi ce soir?