Cela a commencé par un mail de mon ami le plus proche, me disant qu’il
s’était maté le film « Mes meilleurs copains » et que ce serait
marrant que je fasse une note du genre « portraits des amis de fac »
quelques années plus tard. Et d’ajouter dans son mail « A force de
vieillir on commence à avoir vraiment la gueule de l'emploi... »
C’est pas faux.
Enfin, certains plus que d’autres, quand même, hein.
Je ne vais pas donner ici les prénoms (certains sont devenus des gens
respectables) (AH AH AH), juste des descriptions. Avec le « 10 ans
avant » et le « 10 ans plus tard ».
Ca ne fera rire que les personnes concernées (enfin, celles qui me lisent) et
moi, mais on s’en fout. C’est pas comme si la bloguerie était un exercice
sérieux en même temps. Ni comme si l’avis des lecteurs m’intéressait (je suis
d’un sournois)
Commençons par l’initiateur de cette idée : Mon Pseudo
Mari. Ce surnom lui a été donné par un de mes petits copains de
l’époque (cas qui sera étudié juste après), parce qu’en fait, on est
certainement plus proches que certaines personnes qui sont en couple. Mais sans
les cochoncetés, donc.
Alors le Pseudo Mari… Connu à l’époque de la fac, nous sommes devenus
proches grâce à une copine commune, toujours au bord du suicide, qui nous
appelait à tour de rôle quand elle avait ingurgité le cocktail médocs/alcool.
Que voulez vous, les couloirs des hôpitaux psychiatriques, ça créé des
liens.
Nous nous trouvons, chère Maryse, avec un spécimen qui est un peu la
caricature du gendre idéal, avec ses bonnes manières et sa tête de 1er de la
classe. Il y a 10 ans, rapidement, nous sommes devenus super proches : il
me chantait du Julio Iglesias dans le creux de l’oreille en cours, avait un
humour trash totalement à l’opposé de l’image qu’il renvoyait, agaçait mon
fiancé (oui… j’ai été fiancée…) par notre si bonne entente, me filait ses notes
quand une manucure ne me permettait pas de venir en cours (j’avais déjà le sens
des priorités).
Nous pensions tous à l’époque qu’il serait incasable parce que c’était pas
le genre à sauter sur tout ce qui bouge ou encore à dévoiler ses sentiments (et
puis sa gueule de puceau n’allait pas aider). Son truc à lui était de voyager
loin et tout seul. Tu vois le genre… Et bien en fait il nous avait à l’époque
dégoté l’une des plus jolies filles de la région. Un truc de fou.
10 ans plus tard ? Ben comme Julio, il n’a pas changé. Il continue de
me chanter « Vous les femmes » quand j’ai une baisse de moral, il a
toujours sa gueule de 1er de la classe (mais ça se voit qu’il n’est plus
puceau, quand même). Bon la jolie fille n’est plus dans le paysage, il n’est
pas franchement casé et comme il n’est toujours pas du genre à s’étaler sur sa
private life et ses sentiments, nous sommes plusieurs à penser qu’il nous
annoncera son mariage pour ses noces de vermeil. D’autant plus, il est parti
vivre à l’autre bout du monde, loin là bas, bien que je lui ai dit « N’y
vas pas, il y a des tempêtes et des naufrages » (et que du coup, il n’est
plus là pour m’inviter au resto les soirs où je déprime) (le con).
Bref, 10 ans plus tard, le même. Et toujours indispensable à quelque
décision que je puisse prendre.
Un de mes meilleurs souvenirs avec mon Pseudo Mari ? Etre assis tous
les deux sur le sable, sans se parler, à regarder le soleil se lever, en
revenant d’une nuit blanche improvisée en Espagne.
Vient ensuite Le Tombeur. Enfin, il y a 10 ans, quand il
s’est pointé au DESS plusieurs semaines après la rentrée, ses rollers à la
main, j’en pensais surtout que c’était un touriste. Quand j’ai constaté que
c’était la caricature du parisien qui snobe un peu les gens du Sud, j’ai même
pensé que c’était un con. Tu vois, on était parti sur des bonnes bases, tous
les deux.
On ne fréquentait pas vraiment les mêmes gens (sauf le Pseudo Mari, qui
s’est par la suite souvent trouvé le cul entre deux chaises) : lui sortait
tout le temps (le couteau entre les dents), moi je vivais mes derniers mois de
burka, un peu repliée sur moi-même, envisageant de plus en plus sérieusement de
rompre ces fiançailles de merde dans lesquelles je m’étais laissée embarquée.
Et puis j’ai enfin rompu et vécu en quelques mois la vie d’étudiante que je
n’avais pas trop eue jusqu’alors : sortir, picoler, rigoler.
Et je ne sais comment, un soir peut être un peu arrosé, ben je l’ai trouvé
moins prétentieux et con. Et puis il ondulait bien son boule sur le dancefloor.
D’un coup, il devenait sympathique. Bref, nous avons été camarades de jeu(x)
quelques temps puis ce salopard m’a larguée par téléphone (grande
classe).
Mais en vrai, le Tombeur s’est avéré être un type bien, du genre sur lequel
tu peux compter. Et s’il a eu des engueulades, quelque chose de fort s’est
construit, une vraie amitié, singulière et tellement sincère. Comme quoi, faut
laisser sa chance au produit.
10 ans plus tard ? Nos deux fichus caractères font qu’on continue de se
provoquer gentiment, mais il est aujourd’hui comme un frère : chiant et
protecteur. Toujours présent quoi qu’il arrive. Et que je l’adore. Est-ce qu’il
a changé ? Non, et heureusement. Mais il s’est construit. Et c’est une
belle personne.
Un de mes meilleurs souvenirs avec le Tombeur ? Il y en a plusieurs
mais ce qui me touche est sa faculté d’éblouissement, comme lorsque nous
écoutions (il y a fort fort longtemps) de la musique classique ensemble et
qu’il s’émerveillait du mouvement d’un instrument. Ou lorsqu’à l’occasion d’une
balade à Saint Guilhem du Désert, il a été capable de nous parler de la couleur
d’un arbuste pendant des plombes (il nous en parle encore
aujourd’hui…)
Bon en fait, cette idée de note était une idée à la con. Je voulais faire un
truc drôle et voilà que je fais dans la note sucrée pour parler de gens que
j’aime, que je considère comme ma famille de cœur et que grave ça me colle la
blatte, parce que malheureusement, on ne se voit pas assez.
Et puis les trucs vraiment drôles, je ne peux pas forcément en parler sans
prendre le risque que l’un d’eux me jette la fatwa.
Ceci dit, je serai bien curieuse de voir ce que ça donnerait s’ils se
prenaient au jeu de l’exercice du portrait « 10 ans plus tard » me
concernant… Chiche ? (ah... on me dit dans l'oreillette que oui,
chiche...) (merde)
...Cela a commencé comme cela. On le sait, les hommes aiment faire rêver les
femmes. Et c'est ainsi que l'on vit des moments hors du temps...
Ou carrément lunaires.
J'ai donc récemment été embarquée un soir sur un scooter et le beau gosse en
question a voulu me faire rêver. A sa façon. Et on peut dire qu'il a de
l'imagination, le bougre.
Je te raconte. Et pour la facilité du récit, trouvons lui un nom (soyons
respectueux des réputations de chacun, hein). Vu que tout cela s'est passé dans
le Sud et qu'ici on apprécie les espagnolades, appelons le Juan Carlos. Ça
sonne bien ça, Juan Carlos.
Donc Juan Carlos m'embarque sur son scooter et nous voilà rendus sur une des
paillotes locales en vue. Bon sauf que là, la saison se termine, qu'il n'y a
pas foule, voire même c'est presque désert. On s'en fout, on va pas se laisser
aller, on boit nos mojitos.
C'est là que les choses m'ont échappées et que je ne sais sur quel délire
c'est parti, mais Juan Carlos décide de me faire découvrir Palavas-Les-Flots by
night.
Oui, moi, Miss Blablabla, blogueuse influente et connasse du 16ème à mes
heures, je me retrouve sur un scooter, à arpenter Palavas, la nuit.
(rigole pas, le pire n'est pas encore arrivé)
Sauf que Palavas, à 1h30 du mat', fin août, c'est un peu la mort du petit
cheval niveau ambiance. Mais c'est pas grave, Juan Carlos reste dans son délire
du "on va faire la tournée des endroits nazes". Comme je suis blonde et beurrée
comme un petit Lu, je trouve l"idée super. Et nous voilà devant le Casino de
Palavas.
Et de causer 5 min avec le clan des vamps (50 balais bien tassés, maquillées
comme des voitures volées), qui sortent du Casino et expliquent à Juan Carlos
(il a la côte avec le 3ème âge) qu'elles partent parce qu'elles n'ont rien
trouvé à se mettre sous la dent.
Et donc scoop: à Palavas, la nuit, tu croises des veuves joyeuses qui ont le
couteau entre les dents. Et trop de blush.
(les trainées)
Encouragés par cet échange, nous allons direct au Dancing du Casino. Et là,
grosse grosse ambiance... trois couples en train de danser sur "Can't take my
eyes off of you". Moyenne d'âge ? Elevée, sans nul doute. Je passe sur la
commande de coupes de champagne Piper le Dauphin (c'est un peu l'autoroute du
rire, avec Juan Carlos), l'interdiction formelle qui nous a été signifiée de
danser avec nos coupes (WTF ??), les vieux qui se collent des mains aux fesses
et font des figures de style sur la piste de danse. Bref, ça chauffe grave dans
les bermudas.
Le pompom, c'est le 1/4 d'heure slow qui a débuté peu de temps après notre
arrivée... On a quand même eu droit à L'été indien et une obscure soupe d'Hervé
Vilard. Bon ok, on était dans un délire des endroits les plus nazes de la
planète mais rapidement, Juan Carlos et moi sommes arrivés au bout du rollmops
et avons enfourché le scooter à la recherche d'un autre haut lieu des soirées
palavasiennes.
C'est comme ça que nous sommes arrivés dans LA boite de Palavas, celle qui
se trouve aux arènes. Le Latina quelque chose (Piper le dauphin semble avoir
causé de sérieux dommages collatéraux au niveau de ma mémoire).
Là encore, foule en délire: au moins 10 personnes sur le dancefloor. Mais au
moins, il y avait de la jeunesse.
C'est à n'y rien comprendre: où sont donc passés tous les aficionados du
camping censés échouer ici ? Bref, nous n'avons pas failli (l'alcool
aidant, faut avouer) et sommes (un peu) restés. Enfin, le temps de deux verres,
quoi. Et de quelques cigarettes (la Loi Evin semble ne pas être arrivée jusque
là) (et c'est tant mieux, parce qu'à part picoler et fumer en rigolant sur des
conneries, y'avait pas grand chose d'autre à faire au Latina truc). Et
d'observer des boutonneux gigoter mollement devant des Loanas en devenir,
jupes-tutus et licorne tatouée de circonstance.
Bref. Tu comprends maintenant pourquoi je parlais de soirée
lunaire.
Le pire, c'est que c'était une très bonne soirée et que ce genre de délire,
c'est tout à fait mon truc.
Ou alors, il est urgent que je rentre à Paris pour retrouver tout sens
commun.
(oui parce que quand même, à Palavas, il y a du level mais on voit ça
aussi, le lendemain d'une soirée hors du temps)
Aujourd'hui, ce blog a 5 ans. Autant le dire tout de suite, c'est un ancêtre
de ce monde merveilleux de la blogosphère, où l'on passe tant de temps à se
regarder le nombril, à se tirer dans les pattes, à critiquer, encenser,
détester ce que l'on a un temps aimé... Bref, on se croirait à la
Cour.
C'est n'importe quoi, donc.
Mais 5 ans de blog, ce sont aussi de belles rencontres. Je le dis chaque
année à l'occasion de l'anniversaire du bloug, mais c'est incroyable de
constater comme de jolies choses sont arrivées grâce à l'internet mondial.
Aujourd'hui, autour de moi, parmi la garde rapprochée, la plupart des personnes
ont été rencontrées via ce blog. Ne serait ce que pour ça, j'ai été bien
inspirée il y a 5 ans quand, par ennui et curiosité, j'ai ouvert les
portes.
Mais en vrai, ce qui compte le plus aujourd'hui, ce n'est pas cet
anniversaire, mais une arrivée. Une arrivée au Monde, dans nos vies, de celui
que l'on attend depuis 9 mois.
Sa Maman est comme ma petite soeur, c'est vous dire à quel point le coup de
fil de ma Tante ce matin m'a émue. Parce qu'on aime être réveillé par les
jolies nouvelles. Parce qu'heureusement il y a du choupi dans la vie. Et parce
que la famille, bousculée violemment ces derniers mois, va enfin avoir sa dose
de douceur.
C'est donc la larme à l'oeil d'émotion et de bonheur que je souhaite un
grand ouelcome au petit Alexis :-]
(Ceci est le bidou de ma cousine, même pas en rêve vous utilisez cette
photo sans autorisation)
Crédit Photo: p-sk.fr (allez voir,
voilà un photographe avec du talent inside)
(Crédit photo: Delphine Manivet, qui
fait des créations magnifiques et originales)(presque ça donnerait envie de se
marier, dis donc)
Bonjour les gens de l'internet mondial !
(oui, la tenancière continue sur son rythme de croisière...)
Ce week end, j'étais de mariage: l'un de mes amis de fac passait la bague au
doigt à sa chère et tendre (qui a juste le bon goût de ressembler à Grace
Kelly: c'est vous dire si la mariée était belle)
Et donc ce week end, mes deux amis les plus proches (dont l'un était témoin)
et moi, nous sommes allés en goguette dans la campagne pour boire des mimosas
(*) et manger du dragée. Sachant que l'un deux n'a rien trouvé de mieux que
d'aller vivre à l'autre bout du monde, vous imaginez le bonheur de se retrouver
tous les trois (séquence émotion)
Côté cérémonie, je passe sur le fait que l'entrée des futurs époux dans
l'Eglise a juste soulevé chez moi une vague d'émotion digne d'un film pour
filles (je suis une grande sensible) ou sur le fait que j'ai moult fois
regretté de ne pas être venue avec mon appareil photo (faut être con, tout de
même)
Non, je vais plutôt vous parler du truc récurrent dans les mariages: on
cherche toujours à caser les célibataires qui seront présents.
Le truc relou. Et drôle, du coup. (Ou pas, en fait)
La dernière fois que l'on m'avait fait le coup, je m'étais retrouvée à côté
du cousin de la mariée, qui a passé des plombes à me raconter à quel point il
vivait mal sa rupture. C'était super.
Là nous avions le spécimen bipède mâle du Sud, beau gosse, qui comme par
hasard était placé à la même table que moi... Il y avait un truc téléphoné, je
crois..
Autant vous dire que cela met tout de suite à l'aise, surtout quand les
potes font la campagne de pub de l'homme en question depuis la veille. Et quand
tu sais que ces cons là lui ont également bien signifié mon célibat (au
secours)
Tu es aussi tout de suite à l'aise quand le photographe vous prend pour un
couple et fait des photos de vous ("Rapprochez vous... encore... prenez là dans
vos bras"... ahem...)
Cela devient le comble quand tes potes passent leur soirée avec des "Alors
?!" , des clins d'œil "complices", des coups de coudes d'une discrétion sans
faille. Manquait plus qu'ils demandent au DJ de nous mettre "Take a chance on
me" (oui parce qu'il y avait du niveau, côté musique). Tout pour que je finisse
dans ma coquille, comme vous pouvez l'imaginer.
Résultat: en rentrant à l'hôtel, mais deux potes m'ont donné du "Ben alors,
qu'est ce que tu as foutu ? Il ne te plaît pas ?" "Ben si... "Alors
pourquoi il rentre pas avec toi ?" (genre je suis une fille facile) (... heu,
non, rien...). Bref, tu finis par les envoyer chier.
Pour la parenthèse, j'ai eu aussi droit à "C'est cool parce qu'avec toi, on
peut avoir des vrais discussions de mecs"...Ce qui à mon avis remet un peu en
cause mon statut de femme mondaine, mais passons.
Tout cela pour vous dire que depuis, je suis installée en position du yogi,
à réfléchir au sens de la vie et ma nouvelle manucure. Et j'en déduis que les
potes qui jouent les entremetteurs, c'est le moyen idéal pour passer pour celle
qui a déroulé du câble et devenir vieille fille.
(à moins que je fasse peur aux garçons, ce qui n'est pas exclu)
Vais aller poser un cierge à Sainte Rita, tiens.
(*) Mimosas: Champagne et jus d'orange... Un truc d'alcoolique mondain.
Forcément, j'ai adoré.
(oui, c'est bien Madonna avec son coach) (le mien est plus beau gosse)
(comment je me la pète)
Ah oui les gens, je ne t'ai pas dit, mais j'ai un coach. Oui oui, je parle
bien de sport, là (attention, ceux qui rient, je vous vois. Vous allez prendre
cher)
Bon alors ceux qui lisent ce blog depuis un moment auront bien cerné le
personnage: ici, on aime les chaussures, le vernis à ongles, les trucs un peu
débiles, quelque fois on fait genre qu'on réfléchit avec un coup de gueule,
mais de sport il n'y en a point.
C'est pas faute d'avoir essayé, mais vu que c'est fatiguant et qu'en plus ça
fait transpirer, on a vite compris par ici qu'il valait mieux pas s'y
mettre.
Or, après une année à se faire bousculer de ci, de là, il s'avère que mon
petit corps, constamment malade, réclame qu'on prenne soin de lui. Et coup de
bol, il y a un coach qui veut bien m'aider à me remettre en forme.
En plus c'est cool, il est multi-tâches, puisqu'il fait les patates à la
graisse de canard comme personne (mais je crois que c'est un truc pour
m'amadouer) (le fourbe)
Bref ami lecteur, telle que je suis là, à prendre le temps de te raconter ma
vie trépidante et truculante, dans le dedans de moi, je souffre. Et cela se
situe surtout au niveau des cuisses, des abdos, des bras... de partout, en
fait.
Et le pire, c'est qu'on recommence ce week-end. Y'a intérêt à ce que mon
coach se mette torse nu, parce que n'étant pas maso, va falloir trouver un
levier niveau motivation.
Finalement, un éloignement géographique se transforme nécessairement en un
éloignement de tout le reste. Oui il y a les mails, les webcam, tout ça... Mais
ça ne remplace pas la proximité, la disponibilité, les grandes discussions
autour d'un bon vin, les dîners sur le pouce...
On a beau dire, beau faire, dès lors qu'un proche part vivre à l'autre bout
du monde, il ne partage plus certaines choses.
C'est le cas d'un très proche. Du plus proche, sans doute. Il n'a rien
trouvé de mieux que d'aller vivre au pays d'Hello Kitty (tu vois un peu le
niveau...).
Et j'ai fait ce constat, il y a exactement une semaine, à l'occasion d'un de
ses courts séjours, que quelque chose n'était plus là. Même si on est content
de se voir, même si nos références sont intactes (je crois), nous devenons
étrangers.
(Arrête de chercher, il n'y a pas de note. Les mots ne viennent pas. En
revanche, cette photo -que j'aime beaucoup et qui flatte mon narcissisme-
correspond au message. Même si je suis la seule à le comprendre)
(Bref, une note à moi même, on va dire)
(En fait, on nage en plein délire de blogueur-égocentré. On tient on concept
les gars !)
Il y a quelques semaines, je suis retournée dans mon Sud natal. Là où sont
mes racines, mes souvenirs d'enfance, ma famille. Là où je me ressource, même
si je ne m'y sens plus vraiment chez moi. Là d'où je reviens toujours avec 1 ou
2 kg en trop, la cuisine de ma Môman aidant (et ses "Tu es trop maigre ma
fille") (je ferais 70kg, elle continuerait de me le dire...)
L'un de mes grands plaisirs est de me promener sur la plage. Surtout en
hiver ou au printemps (Oui, la foule estivale me rebute).
Et lors de ma dernière balade, alors que je respirais l'iode à plein
poumons, j'ai pensé à plein de choses. Qui n'ont pas leur place ici. Je peux
simplement vous dire que j'ai souris. Sereinement.
Vu chez Aede il y a quelques temps,
cette petite auto-interview qui m'a plue. Tellement, que je vous la refais,
pour moi même, donc (à une question près qui concernait ses notes sur les
filles, pas vraiment adaptable à mon cas).
Vous vous dites qu'on se place à un point culminant du narcissisme ?
C'est pas faux. Mais un blog, c'est justement ça, non ?
Ton CV express.
Bipède femelle type caucasien. On hésite encore sur la couleur des cheveux,
mais on est bien sûr de la mauvaise foi du spécimen. Elevée en plein air dans
le Sud de la France, la galinette est montée à la Capitale il y a maintenant 10
ans. Son métier actuel : un truc chiant aux yeux des autres. Parfois aussi
aux siens, mais pas toujours.
Quel métier rêvais-tu d’exercer lorsque tu étais petite
?
J’ai longtemps voulu être majorette. A force de me prendre le bâton sur la
gueule, j’ai décidé de plutôt me rapprocher du bâtonnier (en vrai, c’est
surtout à cause de la série « La Loi de Los Angeles »)
Ta plus grosse bêtise d’enfant ?
Un truc à la plage en été, j’avais 7 ou 8 ans. Je me suis cachée sous un
bateau pendant plusieurs heures, pour rigoler. En tout cas, suffisamment
longtemps pour que ma Mère rameute les flics, les pompiers et un hélicoptère
(on a le sens de la mesure, dans la famille)
La plus belle chose que l’on t’ait dite ?
«Tu es la femme la plus Femme que je connaisse" (la classe, hein
?).
Le compliment qui t’énerve ?
« Tu es jolie ». Cela peut paraître horriblement prétentieux de mettre
ça là, mais en vrai, le compliment me gêne. C’est un espèce de truc bizarre que
je ne sais pas réceptionner, c’est trop lourd et je suis toute
empotée.
De quoi as-tu peur ?
Des scorpions. On en avait chez mes parents, dans notre garrigue. Une espèce
de peur obsessionnelle qui m’a conduite, vers l’âge de 10 ans, à dormir avec un
parapluie (raisonnement simple : le scorpion peut grimper au mur, donc
théoriquement, il peut se retrouver au plafond et, la gravité aidant, tomber
dans ta bouche pendant que tu dors) (je ne suis pas folle, vous
savez)
Ta plus grande qualité ?
Je suis incroyablement modeste (QUOI ?!?)
Ta plus grande faiblesse ?
Ma naïveté (bien que parfois, ça aide d’en jouer)
Que veux-tu comme épitaphe sur ta tombe ?
« Il était temps »
Comment t’imagines-tu dans 10 ans ?
J’en sais fichtre rien. Heureuse, j’espère.
Faire son auto-interview, ce n’est pas complètement mégalo
?
Totalement. Mais j’ai une bonne excuse : j'ai un blog.
Au fond, Twitter ça te sert à quoi ?
A raconter des conneries. A parfois avoir l’impression qu’il y a plein de
monde dans mon salon qui discute avec moi (ce qui est compliqué IRL, vu ma
surface d’habitation).
Si on te voit pas bien sur ton avatar, c’est parce que tu as honte
de ton physique ?
Ah ben j’ai fait mon coming out avec une vraie photo de moi depuis peu. Même
que j’en ai eu tout plein de compliments (enfin, c’était surtout des garçons
qui voulaient en avoir un exemplaire non recadré. Va comprendre)
Parce que le ridicule ne tue pas et que ce qui ne tue pas rend plus fort, je
vais te raconter, ami lecteur, comment aujourd'hui même, il y a à peine plus
d'une heure, je viens de ruiner toute perspective professionnelle dans
l'entreprise qui m'emploie en ce moment.
Soyons précis, soyons factuels:
17h30: Je viens de finir une analyse juridiquement
puissante et décide de me reposer l'esprit deux minutes en allant causer à mon
équipe (le site du Comptoir des Cotonniers plante, ça m'agace, je sors de
mon bureau pour vider tout ce stress)
17h32: Me voilà en route pour la machine à café. Puis je me
dis que c'est une mauvaise idée, à cette heure ci. Je m'arrête donc en chemin
devant la plante qui décore l'open space de l'équipe que je manage (puisque
comme tu le sais, je suis Responsable des gommes & des crayons et c'est
toute une équipe qui est sur le coup).
17h33: En fait, cette plante a de plus en plus de feuilles
jaunes. C'est une espèce de Yuca (ce qui n'a rien à voir avec le Beaucarnée
Recurvata qui est dans mon bureau, mais c'est une autre histoire), elle a donc
des longues feuilles assez fines. Et jaunes.
17h35: Prise d'un revival "Nicolas le Jardinier", je
commence à taper la discute avec mon équipe (ils sont trois), tout en enlevant
les feuilles jaunes (nombreuses) de la plante et en philosophant sur le fait
que l'arroser avec le fond de mes tasses de thé, ce n'est peut être pas
top.
17h36: J'ai fini le nettoyage de la plante et continue de
discuter avec mon équipe. Je suis donc là, au milieu de l'open space, plantée
comme une pelle (esprit jardinage, on a dit), à agiter la dizaine de feuilles
jaunes qui, tenue ainsi dans ma main, commencent à ressembler furieusement à un
fouet.
17h37: La discussion avec l'équipe dérive (comme souvent)
et on se met à rigoler que tout de même, je fais drôlement femme-maîtresse avec
mes bottes noires et mon fouet en feuilles jaunes. Fouet que j'agite à
hululant, parce que j'aime bien faire rire mon équipe (va falloir que je
réfléchisse à ma crédibilité en tant que manager, un de ces jours)
17h38: Je tourne ma tête vers la droite. Je plisse les yeux
(par excès de coquetterie, je mets rarement mes lunettes). Et d'un coup, il y a
comme un silence, du côté de l'équipe.
17h39: J'ai donc le PDG de la boite à 10 mètres de moi. Qui
a assisté à toute la scène où je hululais avec mon fouet. Et qui rigole (avec
deux ou trois points d'interrogation dans le regard, tout de même). Je prends
un air détaché et lui dit "Bonsoir", le front haut et l'orgueil bien
amoché.
17h40: Mon N+1 est dans mon bureau, où je suis vite partie
me réfugier. Il a assisté à la scène (sauf que lui est habitué à ce que je
hulule), il est mort de rire. Mais pas autant que la fois où je lui ai dit que
j'étais à poil sur une photo qui circulait sur le net, ni que la fois où je lui
expliquais qu'un soir de semaine, il faudrait que je parte tôt car j'avais une
soirée capotes.
Non franchement, je crois qu'il va falloir que je fasse un travail sur mon
image dans cette boite.