Voilà bien LE sujet récurrent aussi bien dans les soirées filles que lorsque
la gent féminine interroge l’un de ses potes de confiance : est-il
pertinent de s’envoyer sauvagement en l’air dès le 1er soir ?
Ah ben c’est que nous avons des vraies questions de fond, nous autres les
filles.

Et des vraies angoisses, aussi. Parce que cette question là, elle revient
pour une seule et récurrente raison : l’angoisse de perdre notre aura de
Femme du Monde dès le 1er soir (bref, très hypocritement, on est ok pour des
cochoncetés, mais on ne veut pas passer pour des filles faciles qui se jettent
tout aussi vite qu’elles ne se sont allongées)
Et c’est parce que j’ai la prétention d’apporter plus qu’un coup d’épée dans
l’eau que je vous expose ici ma réflexion : tout ça, c’est rien que des
conneries. C’est en tout cas ce que m’as répondu, il y a quelques années de ça,
mon meilleur ami. D’ailleurs, il a une technique imparable. A la fille qui lui
dit, sur les coups de 2h du matin, après le marathon apéro-restaurant-petit
balade à refaire le monde-dernier verre à la maison: « Oh non, pas le 1er
soir, on peut attendre un peu », il répond tout simplement « T’inquiète,
c’est 2h du matin, nous en sommes donc déjà au 1er matin » (oui, mon pote
il est très English Blazer de l’attitude).
Et visiblement, il a un ROI assez satisfaisant.
Parce qu’après tout, faut être un peu terre à terre : les garçons n’ont
pas besoin d’attendre ou pas de coucher avec une nana pour savoir ce qu’ils
comptent en faire.
S’il n’envisage rien de sérieux avec une fille, le mec ne va pas s’emmerder
avec des histoires de 1er ou 3ème soir, hein. Et de la même façon, s’il
respecte la fille qu’il a en face de lui, il ne va pas se formaliser si elle
couche tout de suite ou pas.
En revanche, si elle est frigide, il va se formaliser. Mais ce n’est pas le
sujet.
Bref, cette histoire de coucher ou pas le 1er soir, c’est un concept
totalement féminin.
Toutefois, c’est vrai qu’il y a des choses à éviter, histoire de garder sa
respectabilité, même si on a passé la nuit à hululer son extase dans le pieu du
mâle. Et la plus importante, c’est de garder sa part de mystère. Oui, l’homme
est un chasseur, qui veut impressionner la femelle et lui donner du rêve.
L’homme a besoin de traquer sa proie. Et plus il aura l’impression qu’elle lui
échappe, plus il voudra la chasser, la volonté de percer le mystère devenant
son moteur. Et retenez bien ça : «De part de mystère tu n’auras point, si
ta gueule au réveil tu montres au petit matin ».
Et oué.
Non parce que regardons les choses en face : aux yeux de qui peut on
encore être mystérieuse quand on a révélé, au petit matin, son haleine de
fennec, le cheveu rock’n roll (et avec un peu de chance, légèrement
grassouilleux), les yeux gonflés et injecté de sang ?
Bon ok, je parle peut être d’un réveil un peu ultime, là. Mais même les
lendemains de soirées sobres, on a rarement le teint frais dès la 1ère heure
(et puis soyons honnêtes, c’est rarement lors d’une soirée sobre qu’on couche
pour la 1ère fois, hein)
Bref. Faut pas se réveiller auprès de son amant. Si l’histoire devient
sérieuse, il aura bien le temps, plus tard, de constater avec fascination
comment une belle plante peut être transformée en sorcière par une nuit de
sommeil. Mais comme les enfants, les hommes n’ont pas besoin de tout savoir
tout de suite.
Donc les filles, si je dois vous donner un conseil pour la période estivale
(grande période de chopage) (c’est ce qu’ils disent dans ELLE), ce sera
celui-ci : avoir le bon sens de garder un peu de son mystère et penser,
après la 1ère partie de jambes à l’air, à s’éclipser pour aller dormir chez
soi.
Coucher, oui. Dormir, non.
CQFD











