15 jours de vacances, même s'ils comprennent une semaine de sport, sont toujours l"occasion de bouqunier tranquillement, dans un hamac, sur une serviette de bain (soupir)... Ayant conscience que lire au soleil est générateur de sieste prolongée, j'avais pris dans mes valises deux policiers (ça se lit tellement bien en été !) et un bouquin sur lequel j'étais tombé totalement par hasard à l'aéroport. Dans l'ordre chornologique, j'ai donc lu:

dans-les-bois-hc.jpg "Dans les bois", d'Harlan Coben. J'avais déjà lu deux livres de cet auteur, et soyons franc, ce dernier opus ne fait pas dans l'originalité: une personne disparue, son frère qui la cherche partout (ce qui est globalement toujours le même thème dans les livres de Coben...). Mais soyons honnêtes: Coben a le talent de nous emporter dans ses histoires. Même si on devine quelle va en être l'issue, il sait suffisamment intriguer et parfois même nous surprendre pour que nous dévorions les pages. Le problème, c'est que quand la chute du roman est aussi élevé qu'une blague de Toto, ben on est déçu. Encore une fois, "Dans les bois" a un dénouement déçevant par rapport au rythme du livre. Comme à chaque fois, je me dis que je ne m'y laisserai plus prendre. Tout en sachant très bien que je craquerai une nouvelle fois l'été prochain...

Mary_Higgins_Clarck.jpg "Deux petites filles en bleu", de Mary Higgins Clark. Je sais, je n'ai pas fait dans le policier récent, alors que le premier opus de Millenium attend sagement sur ma table de nuit que je daigne enfin l'ouvrir... c'est un peu la honte. Mais, encore une fois, il s'agissait de lire sans se prendre la tête, et il faut dire que Mary est un peu l'auteur idéal pour cela. tous ces romans se finissent bien, c'est plein de bons sentiments. Ma mère a lu tous ses bouquins, me les vendant comme "à ne pas manquer". "Un cri dans la nuit" m'avait laissé perplexe sur les goûts de lecture de la Reine Mère, il en est de même pour les deux gamines en bleu. Pour faire bref, j'ai surtout eu l'impression de lire le scenario du prochain téléfilm policier de M6: on s'emmerde un peu, mais on persiste parce que quand même, on veut vérifier que la fin est bien celle que nous imaginons depuis la 3ème page. Et finalement, on n'est pas déçu: c'est bien la fin imaginée depuis le début. Autant Coben sait emporter le lecteur, Higgins Clark ne fait que nous raconter des histoires qui tentent de nous angoisser. En fait, j'aurai du lire un bouquin de Bellemare, pour avoir des émotions fortes...

Le20sexe.jpg "Le vingtième sexe", de Rosemonde Pujol. Grand grand coup de coeur pour ce livre que je suis en train de finir. Je suis tombée dessus totalement par hasard à l'aéroport, je ne connaissais pas l'auteur, je ne voyais pas ce que le titre cachait. J'ai lu quelques pages, et j'ai accroché tout de suite. Rosemonde Pujol est née en 1917, enfant naturelle (bâtarde, comme on le disait si bien à l'époque), elle a suivi la voie toute tracée qui l'a menée vers les religieuses... pour être ensuite tour à tour officier de la résistance, rare femme diplômée de l'école d'électricité, journaliste économique, écrivain notamment d'un plaidoyer du plaisir féminin ("Un petit bout de bonheur"). Impressionnant. Dans le "20ème sexe", elle nous raconte, à travers son regard de femme pleine d'humour, la place des femmes dans l'histoire de France. Celle qui nous est proche. Et forcément, ce témoignage passionne. Parce que je peux m'empêcher de penser à ma grand mère maternelle, résistante du régime franquiste, entrée à 15 ans dans l'armée républicaine espagnole pour sa liberté, avant de se retrouver en camp de détention du côté de Barcarès. A mon autre grand mère, qui a été tour à tour chef de son entreprise de tissus, orthoptiste... mais aussi mère de 6 enfants. Et parce que je suis une femme, née enfant naturelle a une époque où c'était encore compliqué à gérer pour les parents, consciente de la chance que j'ai de pouvoir choisir ma vie, d'occuper un poste à responsabilité dans une grosse boite, de prendre la pilule, de voter, d'avoir mon indépendance. Sans être chienne de garde (au secours...), je connais ma chance et je sais que je la dois aux combats passés.
Je recommande vivement la lecture du "20ème sexe", parce qu'il faut savoir quels ont été ces combats.