Cela a commencé par un mail de mon ami le plus proche, me disant qu’il
s’était maté le film « Mes meilleurs copains » et que ce serait
marrant que je fasse une note du genre « portraits des amis de fac »
quelques années plus tard. Et d’ajouter dans son mail « A force de
vieillir on commence à avoir vraiment la gueule de l'emploi... »
C’est pas faux.
Enfin, certains plus que d’autres, quand même, hein.
Je ne vais pas donner ici les prénoms (certains sont devenus des gens
respectables) (AH AH AH), juste des descriptions. Avec le « 10 ans
avant » et le « 10 ans plus tard ».
Ca ne fera rire que les personnes concernées (enfin, celles qui me lisent) et
moi, mais on s’en fout. C’est pas comme si la bloguerie était un exercice
sérieux en même temps. Ni comme si l’avis des lecteurs m’intéressait (je suis
d’un sournois)
Commençons par l’initiateur de cette idée : Mon Pseudo
Mari. Ce surnom lui a été donné par un de mes petits copains de
l’époque (cas qui sera étudié juste après), parce qu’en fait, on est
certainement plus proches que certaines personnes qui sont en couple. Mais sans
les cochoncetés, donc.
Alors le Pseudo Mari… Connu à l’époque de la fac, nous sommes devenus
proches grâce à une copine commune, toujours au bord du suicide, qui nous
appelait à tour de rôle quand elle avait ingurgité le cocktail médocs/alcool.
Que voulez vous, les couloirs des hôpitaux psychiatriques, ça créé des
liens.
Nous nous trouvons, chère Maryse, avec un spécimen qui est un peu la
caricature du gendre idéal, avec ses bonnes manières et sa tête de 1er de la
classe. Il y a 10 ans, rapidement, nous sommes devenus super proches : il
me chantait du Julio Iglesias dans le creux de l’oreille en cours, avait un
humour trash totalement à l’opposé de l’image qu’il renvoyait, agaçait mon
fiancé (oui… j’ai été fiancée…) par notre si bonne entente, me filait ses notes
quand une manucure ne me permettait pas de venir en cours (j’avais déjà le sens
des priorités).
Nous pensions tous à l’époque qu’il serait incasable parce que c’était pas
le genre à sauter sur tout ce qui bouge ou encore à dévoiler ses sentiments (et
puis sa gueule de puceau n’allait pas aider). Son truc à lui était de voyager
loin et tout seul. Tu vois le genre… Et bien en fait il nous avait à l’époque
dégoté l’une des plus jolies filles de la région. Un truc de fou.
10 ans plus tard ? Ben comme Julio, il n’a pas changé. Il continue de
me chanter « Vous les femmes » quand j’ai une baisse de moral, il a
toujours sa gueule de 1er de la classe (mais ça se voit qu’il n’est plus
puceau, quand même). Bon la jolie fille n’est plus dans le paysage, il n’est
pas franchement casé et comme il n’est toujours pas du genre à s’étaler sur sa
private life et ses sentiments, nous sommes plusieurs à penser qu’il nous
annoncera son mariage pour ses noces de vermeil. D’autant plus, il est parti
vivre à l’autre bout du monde, loin là bas, bien que je lui ai dit « N’y
vas pas, il y a des tempêtes et des naufrages » (et que du coup, il n’est
plus là pour m’inviter au resto les soirs où je déprime) (le con).
Bref, 10 ans plus tard, le même. Et toujours indispensable à quelque
décision que je puisse prendre.
Un de mes meilleurs souvenirs avec mon Pseudo Mari ? Etre assis tous
les deux sur le sable, sans se parler, à regarder le soleil se lever, en
revenant d’une nuit blanche improvisée en Espagne.
Vient ensuite Le Tombeur. Enfin, il y a 10 ans, quand il
s’est pointé au DESS plusieurs semaines après la rentrée, ses rollers à la
main, j’en pensais surtout que c’était un touriste. Quand j’ai constaté que
c’était la caricature du parisien qui snobe un peu les gens du Sud, j’ai même
pensé que c’était un con. Tu vois, on était parti sur des bonnes bases, tous
les deux.
On ne fréquentait pas vraiment les mêmes gens (sauf le Pseudo Mari, qui
s’est par la suite souvent trouvé le cul entre deux chaises) : lui sortait
tout le temps (le couteau entre les dents), moi je vivais mes derniers mois de
burka, un peu repliée sur moi-même, envisageant de plus en plus sérieusement de
rompre ces fiançailles de merde dans lesquelles je m’étais laissée embarquée.
Et puis j’ai enfin rompu et vécu en quelques mois la vie d’étudiante que je
n’avais pas trop eue jusqu’alors : sortir, picoler, rigoler.
Et je ne sais comment, un soir peut être un peu arrosé, ben je l’ai trouvé
moins prétentieux et con. Et puis il ondulait bien son boule sur le dancefloor.
D’un coup, il devenait sympathique. Bref, nous avons été camarades de jeu(x)
quelques temps puis ce salopard m’a larguée par téléphone (grande
classe).
Mais en vrai, le Tombeur s’est avéré être un type bien, du genre sur lequel
tu peux compter. Et s’il a eu des engueulades, quelque chose de fort s’est
construit, une vraie amitié, singulière et tellement sincère. Comme quoi, faut
laisser sa chance au produit.
10 ans plus tard ? Nos deux fichus caractères font qu’on continue de se
provoquer gentiment, mais il est aujourd’hui comme un frère : chiant et
protecteur. Toujours présent quoi qu’il arrive. Et que je l’adore. Est-ce qu’il
a changé ? Non, et heureusement. Mais il s’est construit. Et c’est une
belle personne.
Un de mes meilleurs souvenirs avec le Tombeur ? Il y en a plusieurs
mais ce qui me touche est sa faculté d’éblouissement, comme lorsque nous
écoutions (il y a fort fort longtemps) de la musique classique ensemble et
qu’il s’émerveillait du mouvement d’un instrument. Ou lorsqu’à l’occasion d’une
balade à Saint Guilhem du Désert, il a été capable de nous parler de la couleur
d’un arbuste pendant des plombes (il nous en parle encore
aujourd’hui…)
Bon en fait, cette idée de note était une idée à la con. Je voulais faire un
truc drôle et voilà que je fais dans la note sucrée pour parler de gens que
j’aime, que je considère comme ma famille de cœur et que grave ça me colle la
blatte, parce que malheureusement, on ne se voit pas assez.
Et puis les trucs vraiment drôles, je ne peux pas forcément en parler sans
prendre le risque que l’un d’eux me jette la fatwa.
Ceci dit, je serai bien curieuse de voir ce que ça donnerait s’ils se
prenaient au jeu de l’exercice du portrait « 10 ans plus tard » me
concernant… Chiche ? (ah... on me dit dans l'oreillette que oui,
chiche...) (merde)











